Titanobel Cameroun, filiale du groupe français Titanobel, leader mondial dans la production et la distribution d’explosifs civils, traverse une grave crise financière. La société a perdu plus de la moitié de son capital social, estimé à environ 10 millions de FCFA, la plaçant dans une situation critique au regard des exigences du droit des sociétés. « L’associé unique a constaté la perte de la moitié du capital et a décidé de ne pas prononcer la dissolution anticipée de la société, tout en poursuivant l’activité », indique un document officiel consulté.
L’entreprise ne détaille pas les causes précises de cette dégradation financière. Toutefois, l’analyse des données consolidées du groupe révèle des performances fragilisées dans plusieurs marchés, notamment au Bénin, en Afrique du Sud et en France. Au Cameroun, la situation apparaît particulièrement préoccupante depuis 2021. Selon les chiffres publiés par la maison-mère, Titanobel Cameroun affiche des capitaux propres négatifs de –1,06 milliard de FCFA, signe d’une insolvabilité technique. Sur la même période, la filiale a enregistré une perte nette de 268,8 millions de FCFA.
Lire aussi : Ceeac : le Cameroun, 2è importateur d’explosifs commerciaux derrière la RD Congo à fin 2022
L’examen du passif de la société met également en évidence les séquelles d’un contrôle fiscal intervenu en 2019. À l’issue de cette vérification, l’administration fiscale avait remis en cause la déductibilité de provisions liées à des créances clients, aboutissant à un redressement de 307 000 euros (201,3 millions de FCFA). Bien que cette somme ait été provisionnée puis acceptée par la société en 2021, ce redressement a contribué à affaiblir davantage sa structure financière.
Lire aussi : Mines : le Cameroun expose ses projets “clés en main” au plus grand forum mondial
Fondé en 1871, Titanobel est spécialisé dans la conception, la fabrication et la distribution d’explosifs civils destinés aux industries extractives et aux travaux publics. En Afrique, le groupe dispose de filiales commerciales au Cameroun et au Bénin, ainsi que de filiales industrielles spécialisées dans le forage et le minage en Afrique du Sud (Enviro Blasting) et au Sénégal (AOD Sofiter). La dégradation de la situation financière de sa filiale camerounaise intervient dans un contexte où les industries minières et de carrières, principales clientes du groupe, font face à des cycles d’activité irréguliers.



