Selon le Centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire (CEPICI), les investissements directs étrangers (IDE) en provenance du Cameroun sont ressortis à 2,8 milliards FCFA en 2023. Ce montant représente une baisse de 6,8 milliards FCFA, soit -70,8 %, par rapport aux 9,6 milliards enregistrés en 2022, d’après les données de la Balance des paiements publiées par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).
Une trajectoire en dents de scie
Cette forte baisse s’inscrit dans une évolution en dents de scie observée depuis 2019. Cette année-là, les IDE camerounais vers la Côte d’Ivoire s’élevaient à 5,5 milliards FCFA, avant de s’effondrer à seulement 500 millions en 2020. Ils ont ensuite timidement progressé à 1,3 milliard en 2021, puis fortement rebondi en 2022, avant de rechuter en 2023.
Avec moins de 3 milliards FCFA investis, le Cameroun ne représente plus que 0,55 % des flux d’IDE globaux reçus par la Côte d’Ivoire en 2023, estimés à 507 milliards FCFA. Il se classe ainsi au 8e rang des investisseurs africains dans le pays.
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Sur le continent, le Cameroun est largement devancé par des pays ouest-africains et nord-africains. En tête, le Burkina Faso s’impose comme le principal investisseur africain — et même mondial — en Côte d’Ivoire avec 112,9 milliards FCFA injectés en 2023, soit 22,2 % du total. Suivent le Togo (48,2 milliards), l’île Maurice (29,8 milliards), le Maroc (18,3 milliards) et le Sénégal (14 milliards FCFA).
Des secteurs attractifs, mais peu prisés par les Camerounais
Les secteurs les plus attractifs pour les IDE en Côte d’Ivoire restent l’agroalimentaire/agro-industrie (148 milliards FCFA, soit 29,2 %), l’industrie chimique (74,5 milliards, 14,7 %), le BTP (71,7 milliards, 14,15 %), le transport et l’entreposage (67,7 milliards, 13,35 %) ainsi que les télécommunications (56,9 milliards, 11,23 %).
Ces chiffres traduisent le dynamisme de l’économie ivoirienne, mais aussi l’effacement relatif du Cameroun, pourtant lié historiquement et politiquement à la Côte d’Ivoire. Cette désaffection soulève des interrogations sur les politiques de soutien à l’expansion des entreprises camerounaises à l’international, notamment dans l’espace francophone ouest-africain.
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