La crise sanitaire de Covid-19 avait fortement freiné les investissements directs étrangers (IDE) au Cameroun. Après avoir chuté de 534,6 milliards à 234,9 milliards FCFA entre 2019 et 2020, soit une baisse de 299,7 milliards (-56,1 %), les flux d’IDE captés par le Cameroun remonte timidement selon les données compilées par la Banque africaine de développement (BAD). Dans son Rapport Pays 2026, l’institution financière prévoit une poursuite de cette progression, à 595 milliards FCFA en 2026 puis 634,9 milliards en 2027. Leur poids dans le PIB du pays passerait de 1,7 % en 2025 à 3,8 % en 2026.
Pour la BAD, plusieurs projets encore en développement dans le pays favoriseraient cette mobilisation croissante d’investissements. Elle cite notamment le domaine de l’énergie, identifiant les « projets gaziers et énergétiques » et le « développement des capacités hydroélectriques » comme secteurs porteurs. Dans ce secteur, on peut citer le projet de barrage hydroélectrique de Kikot-Mbebe (500 MW), dont la réalisation devrait mobiliser des financements extérieurs de l’ordre de 1 620 milliards de FCFA. La dernière mise à jour du planning de développement d’avril 2026 prévoit le closing financier, pour juillet 2027.
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Un autre secteur d’activité qui devra attirer un flux important d’investissements selon la BAD c’est l’agro-industrie. Les futurs investissements dans ce secteur seront pour la plupart destinés à la transformation locale (cacao, coton et produits vivriers), conformément à la politique d’import-substitution mise en œuvre par le gouvernement. En effet, de nouveaux projets sont annoncés à l’instar de la chocolaterie Chocolat Rouge, à Obala (1 milliard FCFA), les huileries SOD et Magnum Industry du Camerounais Serges Ngomsi (environ 20 milliards d’investissements) ou la nouvelle unité de transformation textile de la Sodecoton encore en étude.
La BAD précise toutefois que la tendance haussière des flux d’IDE reste « sous réserve […] des réformes et actions relatives à l’amélioration du climat des affaires ». De plus, elle considère que l’un des freins serait la faible diversification des projets « majoritairement dirigés vers les secteurs pétrolier, minier et des infrastructures ».
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Il tient de souligner que les données de la Banque africaine de développement sont beaucoup plus optimistes que celles publiées par la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED). Alors que la BAD déclare que le Cameroun a capté 587,4 milliards FCFA d’IDE en 2025 avec des perspectives croissantes en 2026 et 2027, le CNUCED affiche une évolution en dents scie des investissements étrangers au Cameroun depuis la crise sanitaire avec un pic de décroissance en 2025. Selon l’organe onusien, l’année écoulée a été celle où le pays a enregistré son plus faible flux à 599 millions dollars (environ 340 milliards FCFA) en 2025, en baisse de 35,2 % par rapport aux 925 millions USD captés un an plutôt. Un repli qui touche l’ensemble de la sous-région portant le volume d’IDE de la CEMAC à 1,6 milliard USD à fin décembre 2025 (-38,7 %).
Par Inès Marie Nga (Stagiaire)














