Les économies de la CEMAC ont capté 1,88 milliard de dollars (1 043 milliards de FCFA) d’investissements directs étrangers (IDE) en 2025, soit une baisse de 14,8 % par rapport aux 2,2 milliards de dollars enregistrés en 2024, selon les données de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED). Dans son rapport, l’organisme onusien attribue cette contraction aux tensions géopolitiques et, surtout, aux incertitudes commerciales.
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« La baisse des opérations de financement de projets est liée à la situation politique des économies de la région, exposées aux cycles des matières premières et aux arbitrages des multinationales », peut-on lire. Le document, consulté par EcoMatin, souligne que les investissements directs étrangers en Afrique centrale sont « étroitement liés aux ressources naturelles, notamment aux hydrocarbures et aux minéraux », ce qui contribue à limiter les flux d’investissements et met en évidence la nécessité d’élargir les facteurs d’attractivité économique.
Le Cameroun retrouve sa place de première destination de la CEMAC
La baisse des volumes d’IDE captés en 2025 a rebattu les cartes parmi les principales destinations des investissements dans la sous-région. Relégué à la troisième place en 2024, après le bond des IDE au Tchad, le Cameroun redevient le premier bénéficiaire des investissements étrangers en Afrique centrale, avec 599 millions de dollars (332 milliards de FCFA) captés en 2025. Le pays enregistre toutefois un recul marqué par rapport aux 925 millions de dollars enregistrés en 2024, soit une baisse d’environ 35 %.
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Il est suivi par le Congo, qui passe de la quatrième à la deuxième place avec 596 millions de dollars (331 milliards de FCFA) d’IDE en 2025, principalement portés par le secteur pétrolier. Selon les données de la CNUCED, Brazzaville figure parmi les économies d’Afrique centrale ayant le mieux résisté au ralentissement des investissements, grâce notamment au maintien des flux dans les hydrocarbures.
Des révisions statistiques pour le Gabon et le Tchad
Le Gabon et le Tchad, respectivement premier et deuxième marché des IDE en 2024, présentent une évolution particulière dans les données de la CNUCED. Les statistiques des cinq dernières années ont été fortement révisées. Alors que les flux d’IDE du Gabon étaient estimés à environ 1,15 milliard de dollars entre 2021 et 2024, ils ont été revus à des niveaux nettement inférieurs. Pour 2024, les IDE, initialement évalués à 1,14 milliard de dollars, ont ainsi été ramenés à 310 millions de dollars dans la nouvelle édition du rapport. Sur cette nouvelle base, les flux d’IDE du Gabon atteignent 379 millions de dollars en 2025, soit environ 210 milliards de FCFA.
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Même constat au Tchad, où les IDE de 2023 ont été révisés de 913 millions de dollars à 442 millions de dollars. Ceux de 2024, initialement estimés à 1,019 milliard de dollars (566 milliards de FCFA), ont été ramenés à seulement 3 millions de dollars (1,7 milliard de FCFA). Pour 2025, la CNUCED estime les flux d’IDE à 4 millions de dollars (2,2 milliards de FCFA). Ces révisions illustrent la forte volatilité des investissements dans des économies très dépendantes des grands projets extractifs. Le Gabon conserve néanmoins un certain pouvoir d’attraction grâce à ses secteurs minier, notamment le manganèse, pétrolier et forestier. Les investissements dans la transformation locale des ressources naturelles constituent d’ailleurs l’un des principaux axes de sa stratégie économique.
La Guinée équatoriale n’est pas en reste et enregistre une amélioration de ses flux d’IDE après plusieurs années de baisse liée au déclin progressif de sa production pétrolière. Selon la CNUCED, les investissements étrangers y atteignent 294 millions de dollars (163 milliards de FCFA) en 2025, en hausse de 56 %. De son côté, la République centrafricaine enregistre une progression de 10 %, à 44 millions de dollars (24 milliards de FCFA) d’IDE en 2025. Le pays demeure toutefois l’une des destinations les moins attractives de la sous-région en raison de contraintes structurelles, notamment une faible industrialisation, un déficit d’infrastructures, un environnement sécuritaire fragile et un accès limité aux marchés.
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À noter que, selon l’organisme onusien, le repli des IDE en CEMAC s’inscrit dans une tendance plus large observée à l’échelle du continent. Les entrées d’IDE en Afrique ont reculé de 21 %, à 70 milliards de dollars (38 850 milliards de FCFA), sous l’effet du ralentissement des grands projets d’infrastructures, qui avaient fortement soutenu les flux l’année précédente.












