Durant l’année 2024 écoulée, les six pays de la CEMAC (Cameroun, Congo, RCA, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad) ont capté 3,9 milliards de dollars américains (environ 2 241,4 milliards FCFA au cours actuel du dollar américain) d’investissements directs étrangers (IDE). Ce montant, rendu public par l’ONU Commerce et Développement dans son rapport annuel sur les Investissements dans le monde pour le compte de l’exercice 2024, correspond à une hausse de 6,8% par rapport au volume d’IDE captés par cette région un an plus tôt. Sans plus de détails, l’organisme onusien indique que cette hausse de la valeur des IDE captés s’aligne à la dynamique de tout le continent et est motivée par « plusieurs grands projets d'infrastructure énergétique et de transport ».
Le rapport souligne également que les fonds mobilisés vers lesdits pays proviennent principalement des pays européens. « Les entreprises européennes sont restées les plus grands investisseurs en Afrique. Les investisseurs des Pays-Bas, de France, du Royaume-Uni, d’Italie et d’Allemagne ont représenté environ 80 % des flux de capitaux », peut-on lire. Du reste, le Singapour, la Chine, l’Inde et les Etats-Unis apparaissent également dans la liste des origines des IDE captés en 2024, par les pays d’Afrique.
Le Gabon reste la destination première des IDE
Selon les données du rapport, le Gabon a réussi à maintenir sa position en dépit d’une légère baisse de 0,5% de la valeur de ses IDE, à 1,14 milliard de dollars américains (près de 655 milliards FCFA), principalement investis dans les activités d’exploitation minière, de pétrole, de gaz et de bois. Ce recul s’expliquerait par un ralentissement des investissements français dans le pays ; qui sont passés de 790 millions de dollars à 182,3 millions sur les 3 dernières années selon les données gouvernementales. Pour y remédier et même attirer davantage d’investisseurs en 2025, le gouvernement gabonais a adopté, au cours du conseil des ministres du 6 mars dernier, un projet de loi fixant le cadre général de l’investissement dans le pays. Ce texte qui vise à moderniser le cadre légal de l’investissement au Gabon définit trois principaux régimes dans le but d’offrir des avantages fiscaux et douaniers spécifiques, notamment le régime de droit commun, les régimes spécifiques et le régime de réinvestissement.

Les IDE du Tchad doublent et font reculer le Cameroun
Dans le ranking des destinations phares des IDE en CEMAC, le Tchad se positionne 2ème grâce à un bond de 66% de la valeur des IDE captés en 2024. Passant de 614 millions de dollars à 1 milliard, les investissements dans ce pays d’Afrique centrale ont enregistré l’une des progressions les plus importantes auprès de l’Egypte, le Maroc, la Côte d’Ivoire, la Guinée et la Mozambique. Cette hausse considérable a permis au pays de Toumaï de se classer à la 18ème place dans le top 20 des pays africains ayant attiré les plus d’IDE en 2024. Selon le rapport exploité par EcoMatin, la majorité des investissements dans le pays se sont dirigés vers les secteurs du pétrole et du gaz, le développement des infrastructures et le secteur des services (télécommunication et banque).
Ce repositionnement du Tchad a eu pour principale conséquence, le recul du Cameroun d’un rang pour se retrouver à la 3ème place avec 925 millions de dollars d’IDE enregistrés en 2024, soit près de 530 milliards FCFA. Toutefois, l’enveloppe affiche une hausse de 15,7% après 2 années successives de baisse. Le Cameroun tend à se rapprocher de son niveau de 2019 où il a capté 1,02 milliard de dollars. Pour ce qui est des autres pays de la CEMAC, la tendance des IDE est aussi à la hausse, sauf pour le Congo qui a capté tout juste 604 millions de dollars US en 2024 (-3,5%) contre 626 millions en 2023. La Guinée Equatoriale et la RCA ont respectivement capté 188 millions (+32,4%) et 40 millions (+2,5%), boostés par les investissements dans les infrastructures (ports, routes) et l'électricité.
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À noter que, malgré la progression des IDE de la CEMAC, la valeur de ceux-ci restent en dessous de ceux captés par les pays de l’UEMOA. A fin 2024, les 8 pays de cette région économique (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo) ont capté dans l’ensemble 7,7 milliards de dollars (environ 4,4 milliards de Fcfa). L’enveloppe est portée principalement par la Côte d’Ivoire (3,8 milliards $) et le Sénégal (2 milliards $).

