Le gouvernement tchadien prévoit d'interdire les exportations de bétail sur pied à compter du 1er janvier 2028. Cette orientation, inscrite dans la lettre circulaire relative à la préparation du projet de loi de finances 2027, vise à accélérer la transformation locale des ressources animales. D'ici cette échéance, le gouvernement entend achever les abattoirs en cours de construction et développer les chaînes du froid, les plateformes logistiques, les infrastructures de contrôle sanitaire ainsi que les moyens de transport adaptés, afin de substituer progressivement les exportations de viande et de produits transformés à celles de bétail vivant.
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« L'industrialisation devra privilégier la transformation locale des ressources et des productions nationales afin d'accroître la valeur ajoutée, les emplois, les exportations et les recettes publiques, avec une attention particulière à la filière bétail-viande », peut-on lire dans la circulaire signée par le président tchadien, le maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, le 31 juillet dernier.
Cette nouvelle mesure prolonge les réformes engagées depuis le 1er janvier 2025, avec le relèvement de 33,3 % des taxes sur les ventes de bétail, destiné à renforcer les recettes de ce secteur stratégique. Elle s'inscrit également dans la stratégie « Tchad Connexion 2030 », qui prévoit 400 milliards de FCFA d'investissements pour développer la filière bétail-viande. « Je voudrais insister sur le fait que notre salut réside dans la promotion du secteur agropastoral (…) nous avons plus de 100 millions de têtes de bétail qui représentent une richesse avec de nombreuses chaînes de valeur (viande, lait, peau, etc.) », a martelé le président tchadien dans son adresse à la Nation pour l'année 2025.
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Cette décision intervient alors que les exportations de bétail constituent l'une des principales sources de devises du pays. Selon le rapport annuel 2024 de la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC), elles ont rapporté 220 milliards de FCFA en 2024, contre 136,4 milliards de FCFA en 2020, soit une progression de 61,2 % en quatre ans. Le bétail représente désormais 8 % des exportations tchadiennes, derrière le pétrole (84 %), grâce notamment à l'augmentation du cheptel de bovins, d'ovins et de caprins au cours des quatre dernières années.
Ainsi, le gouvernement tchadien ambitionne de capter davantage de valeur ajoutée en exportant de la viande transformée plutôt que des animaux vivants, alors que le Nigeria, le Congo et le Cameroun figurent parmi les principaux débouchés du cheptel tchadien. Selon le ministère camerounais de l'Élevage, dans sa note « Situation de la production et des importations du sous-secteur de l'élevage, des pêches et des industries animales » de 2023, 49 606 têtes de bovins ont été importées du Tchad.
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