Au Tchad, les directions générales des impôts (DGI) et des douanes et droits indirects (DGDDI) ont signé, le 21 juillet à N'Djamena, deux protocoles d'accord avec la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) portant sur l'échange de données entre les trois institutions. Selon la Banque centrale, ces accords établissent « un cadre de coopération visant à renforcer le partage sécurisé d'informations entre les parties, afin d'améliorer le suivi des opérations financières transfrontalières, de renforcer la traçabilité des échanges et de contribuer à la prévention du blanchiment des capitaux et du financement du terrorisme ».
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Au-delà du renforcement de la coopération institutionnelle, ces protocoles devraient permettre à la BEAC de croiser plus efficacement les données fiscales, douanières et financières afin de renforcer le contrôle des opérations transfrontalières et du rapatriement des devises d'exportation. Cette mission s'inscrit dans le cadre de la réglementation des changes appliquée dans les six pays de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC), qui vise à préserver les réserves de change communes. En améliorant la traçabilité des flux financiers, la Banque centrale entend également consolider les avoirs extérieurs de la sous-région, indispensables à la stabilité du franc CFA et au financement des importations essentielles.
Les trois institutions expliquent que cet échange de données doit permettre de disposer d'informations plus fiables pour éclairer la prise de décision et renforcer l'efficacité des mécanismes de contrôle et de suivi. Elles estiment que cette coopération constitue « une étape importante dans la modernisation de l'administration publique et la consolidation de la gouvernance économique », tout en favorisant une gestion plus efficace des ressources et l'amélioration du climat des affaires.
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La signature de ces protocoles intervient alors que le Tchad cherche à renforcer la mobilisation de ses recettes intérieures pour compenser la baisse des revenus pétroliers. La loi de finances 2026 prévoit un budget de 2 275 milliards de FCFA, en recul de 6 % par rapport à 2025, sous l'effet d'une contraction des recettes pétrolières à 779,9 milliards de FCFA. En contrepartie, le gouvernement table sur une hausse de 7 % des recettes fiscales, à 1 405,9 milliards de FCFA, et de 15 % des recettes douanières, à 303,8 milliards de FCFA. Cette stratégie s'appuie notamment sur la modernisation des administrations concernées, avec le déploiement de Sydonia World aux douanes et la digitalisation des services fiscaux via la plateforme E-Tax, la télédéclaration de la TVA et le télépaiement.











