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Marché boursier : BGFIBank et CBC vont-ils sortir la BVMAC de sa torpeur ?

Sauf changement, la BVMAC, la place boursière des pays de la CEMAC, devrait accueillir au moins deux nouvelles sociétés sur son compartiment actions. Il s’agit de BGFI Holding Corporation, la société mère du Groupe BGFIBank, et de Commercial Bank Cameroon (CBC). Très attendue par les investisseurs boursiers, l’inscription à la cote de ces deux acteurs de l’industrie financière va-t-elle toutefois suffire pour réanimer le marché boursier de la CEMAC qui depuis le début de l’année 2025 est plongée dans la torpeur ? Le décryptage de EcoMatin.

Publiée lundi 24 février 2025 à 16:44:49Modifiée lundi 24 février 2025 à 16:44:52Temps de lecture 5 minPar René Ombala

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Début d’année timoré à la Bourse des valeurs mobilières d’Afrique centrale (BVMAC). L’indice BVMAC ASI, qui regroupe les 6 valeurs du compartiment actions (Socapalm, Bange, SCG-Ré, La Régionale Bank, SEMC, Safacam) a replié de 2,811% à 924,14 points entre le 31 décembre 2024 et le 21 février 2025. Sur l’année 2024, il a connu une contraction de 4,9% en raison d’une baisse de régime des titres Socapalm (54% du compartiment actions) et Safacam. La torpeur du marché est également perceptible au niveau des transactions qui n’ont jamais été aussi faibles. Alors que l’offre en titres est abondante, les investisseurs semblent peu convaincus par les performances des 6 acteurs.

En effet, en 2023, les actions de la BVMAC ont, globalement, été moins rentables que l'année précédente. Le dividende net par action de Safacam a presque été divisé par trois à 436,10 FCFA. En raison d'un net repli de son bénéfice, Bange Bank est passé d'un dividende de 8 397 FCFA par action à 5 044 FCFA un an plus tard. La Régionale Bank est passée de 1 318 FCFA à 879 FCFA. Le 1er semestre 2024 n'a pas été plus optimiste pour les investisseurs, car SEMC, La Régionale et Safacam ont annoncé un repli de leur performance intermédiaire, ce qui a suscité une vague de cessions massives des titres sur le compartiment actions.

CBC et BGFI : deux valeurs de poids à la cote

C’est dans ce contexte que la place boursière régionale s’apprête à accueillir deux nouveaux acteurs du secteur financier. Aucune date n’a pour l’instant été communiquée par CBC et BGFI Holding Corporation (BHC) mais tous deux ont annoncé leur souhait de céder une partie de leur capital au public à travers la Bourse des valeurs mobilières d’Afrique centrale (BVMAC) cette année. Pour la première, cette entrée en bourse s’inscrit dans le cadre du plan de désengagement de l’État Camerounais qui détient 98 % du capital. Yaoundé ne souhaite garder désormais que 17% des parts, vendre 51% à un privé et placer les 30% restants à la cote de la BVMAC. Le processus est connu depuis 3 ans déjà et achoppe au niveau du choix du futur actionnaire de référence. CBC a par le passé traversé de nombreuses difficultés, mais grâce à un plan de sauvetage mis en place par l’ État, l’établissement a retrouvé toute sa vitalité, enchaînant les exercices bénéficiaires et se logeant dans le milieu du tableau du marché camerounais.

Lire aussi : Henri-Claude Oyima annonce l’introduction de BGFIBank à la BVMAC en 2025

Le second acteur, BGFI Holding, est la société mère du groupe bancaire panafricain BGFIBank. L’annonce de son entrée en bourse, fin 2024, par son Président, le gabonais Henri-Claude Oyima, a galvanisé les investisseurs tant à l’échelle régionale qu’internationale. La participation qui sera mise à la disposition du public est de 10%. Leader bancaire dans la CEMAC, BGFI a confirmé son importance en générant un total bilan consolidé de 5 295 milliards FCFA (+9%) en 2023 et un bénéfice net de 95,8 milliards FCFA, en hausse de 55% comparé à celui de 2022.

Un souffle d’espoir ?

En termes d’impact, l’inscription à la cote de ces deux valeurs va augmenter la capitalisation boursière du marché de la CEMAC qui est de moins 65 milliards FCFA, soit l’une des moins importante en Afrique. Compte tenu de son aura internationale, BGFI peut également contribuer à driver les investisseurs internationaux sur le marché financier de la CEMAC. Cela permettra de vivifier un tant soit peu les transactions sur le compartiment actions qui pour l’instant peine à décoller. Pour preuve, 15 des 22 séances de cotation qui ont meublé le mois de janvier se sont refermées sans la moindre transaction. Les 7 jours restants, la BVMAC a enregistré un total de 25,38 millions FCFA de transactions sur le marché action et pas le moindre échange sur le segment obligataire. Sur la même période en 2024, le marché avait cumulé plus de 14,26 milliards FCFA de transactions sur les titres cotés, ce qui traduit une baisse de régime considérable cette année qui peut être sauvée grâce aux nouvelles sociétés.

Lire aussi : Le Cameroun recrute un conseil pour conduire l’introduction en bourse de la CBC

BGFIBank et CBC pourraient donc activement contribuer à redynamiser la place boursière qui est très clairement en perte de vitesse. Il faudrait pour la BVMAC, resserrer l’exigence en matière de communication financière des entreprises cotés afin de permettre aux investisseurs d’avoir en temps réel l’information pour orienter leur choix d’investissement. Un aspect très souvent négligé.

D’autres leviers à actionner

En dehors de BGFI et CBC, il existe une liste de 15 sociétés publiques qui doivent être introduites à la BVMAC, mais le processus évolue à pas de tortue depuis presque 2 ans sans une perspective claire. Pourtant, on retrouve dans cette liste des mastodontes, comme le Port Autonome de Douala (PAD) ou la Sodecoton, qui ont la capacité de drainer l'épargne vers le marché et de stimuler les interactions sur le secondaire. Le challenge pour la BVMAC sera donc de travailler avec les différents États concernés pour accélérer le processus d'introduction de ces entités. L'autre défi est celui de l'élargissement de la base des investisseurs. La place boursière régionale s'est fixée pour objectif de franchir la barre des 100 000 comptes titres d'ici la fin de l'année 2026, contre 8 500 à fin 2023. Pour y parvenir, elle envisage de diversifier les canaux d'accès aux instruments financiers en permettant, par exemple, aux personnes d'investir en bourse à partir du Mobile Money ; de fractionner la valeur des titres actuels pour les rendre accessibles aux petits épargnants ; de mettre en place un compartiment hors-cote.

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