Le ministère des Finances du Cameroun, à travers la Direction générale du Trésor, de la coopération financière et monétaire, annonce deux émissions simultanées sur le marché des titres publics de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (CEMAC) le 27 août 2025 : une première de 20 milliards FCFA sur 26 semaines, et une seconde de 15 milliards FCFA sur 13 semaines. Les 22 Spécialistes en valeurs du Trésor (SVT), principalement des banques, opérant en zone CEMAC, sont une nouvelle fois sollicités pour absorber l’offre.
Cette opération intervient à peine une semaine après un revers du trésor camerounais sur le même marché. Le 18 août 2025, l’État n’avait réussi à lever que 10,1 milliards FCFA, soit 40,44 % de l’enveloppe initiale de 25 milliards FCFA recherchés. Trois SVT avaient servi l’offre, et au prix d’un taux d’intérêt moyen pondéré de 6,88%, nettement supérieur aux niveaux observés il y a quelques années (autour de 4,5 %). L’augmentation du coût de financement illustre le rapport de force actuel en faveur des investisseurs, dans un marché régional où la liquidité bancaire se raréfie et où les Trésors nationaux multiplient les appels de fonds.
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Ainsi, le relèvement du montant recherché – de 25 milliards à 35 milliards FCFA – traduit à la fois la persistance des besoins de trésorerie de l’État et une pression croissante sur la politique budgétaire. En manquant son objectif de 14,9 milliards FCFA lors de sa dernière tentative, le Cameroun s’expose à des tensions de court terme qui pourraient compliquer le financement de certaines dépenses publiques. Pour l’exercice 2025, la stratégie de financement prévoit la mobilisation de 1 130 milliards FCFA sur ce marché. Soit 750 milliards FCFA via des Bons du Trésor Assimilables (BTA) et 380 milliards à travers des Obligations du Trésor assimilables (OTA). À fin juin 2025, l’encours global de la dette publique sur ce compartiment s’élevait déjà à 2 096,9 milliards FCFA, dont 561,2 milliards en BTA et 1 124,5 milliards en OTA, selon la Caisse autonome d’amortissement.
Si la BEAC a amorcé un assouplissement de sa politique monétaire depuis mars dernier, la détente peine encore à irriguer pleinement le marché des titres publics. La compétition entre États émetteurs de la zone CEMAC et la prudence accrue des investisseurs continuent de peser sur les performances des émissions. Pour le Cameroun, la réussite ou l’échec de la nouvelle levée de 35 milliards constituera donc un test supplémentaire.
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