Depuis près de deux décennies, le Gabon s’appuie de manière régulière sur le marché financier de la CEMAC pour financer ses besoins budgétaires et restructurer sa dette intérieure. Selon les données officielles, Libreville a mobilisé au total 1 641,35 milliards FCFA depuis 2007, à travers des emprunts obligataires par appel public à l’épargne (APE) et des placements privés (PP).
La première opération remonte à 2007, lorsque l’État gabonais lance un emprunt obligataire de 100 milliards FCFA sur une maturité de six ans, assorti d’un taux d’intérêt net de 5,5% par an. L’opération avait finalement mobilisé 81,54 milliards FCFA, principalement souscrits par les banques (73,9%). Les investisseurs provenaient notamment du Gabon, du Congo, de la Guinée équatoriale et du Cameroun. Cet emprunt a été entièrement remboursé en 2013.
Le Gabon revient sur le marché en 2015 avec un nouvel emprunt de 80 milliards FCFA, d’une maturité de cinq ans et rémunéré à 6% net par an. Les souscriptions dépassent l’objectif initial pour atteindre 84,62 milliards FCFA, dominées par les banques. L’opération sera entièrement remboursée en 2020. L’année suivante, Libreville sollicite 98 milliards FCFA pour un emprunt obligataire de cinq ans à 6,5%, mais parvient à mobiliser 134,94 milliards FCFA, signe d’un intérêt marqué des investisseurs régionaux, notamment des Camerounais qui souscrivent à hauteur de 40,69%.
La dynamique se poursuit avec les émissions de 2017 et 2019, chacune initialement calibrée à 100 milliards FCFA pour une maturité de cinq ans. L’emprunt de 2017, rémunéré à 6,5%, mobilise 131,39 milliards FCFA, tandis que celui de 2019, assorti d’un taux de 6,25%, permet de lever 126,34 milliards FCFA. À fin 2020, les émissions réalisées depuis 2007 totalisaient 558,83 milliards de FCFA, dont 333,06 milliards déjà remboursés, les emprunts de 2007 et 2015 étant totalement éteints.
2021, la montée en puissance
Le Gabon intensifie ensuite son recours au marché régional à partir de 2021. Cette année-là, un emprunt obligataire de 175 milliards FCFA, rémunéré à 6% sur cinq ans, permet finalement de lever 188,8 milliards FCFA, majoritairement souscrits par les banques. En 2022, le pays mobilise à nouveau 175 milliards FCFA sur une maturité de six ans, avec un coupon de 6,25%, montant entièrement levé auprès des investisseurs de la région.
La stratégie s’accélère encore en 2023, avec deux emprunts obligataires totalisant 289,6 milliards FCFA. Le premier, un placement privé de 135 milliards FCFA sur quatre ans à 6%, est destiné à l’apurement partiel de la dette intérieure moratoire et bancaire. Le second, un emprunt par appel public à l’épargne de 154,6 milliards FCFA sur cinq ans à 6,25%, vise également à amortir les arriérés de l’État.
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En 2024, Libreville réalise trois nouvelles émissions pour un montant global de 229,11 milliards FCFA, structurées en trois tranches : 129,89 milliards FCFA sur trois ans à 6%, 48,27 milliards sur cinq ans à 6,5%, et 50,95 milliards sur sept ans à 7,5%, certaines tranches bénéficiant de périodes de grâce. Une fois encore, les banques demeurent les principaux souscripteurs, devant les entreprises et les fonds d’investissement.
La tendance se confirme en 2025, avec deux emprunts obligataires totalisant 200 milliards FCFA. La première opération, réalisée en avril, permet de lever 80,1 milliards FCFA sur trois tranches rémunérées entre 6,6% et 7,5%. La seconde, lancée en juillet, mobilise 119,9 milliards FCFA sur deux tranches offrant des taux compris entre 5,6% et 6%.
Au total, ces différentes opérations ont permis au Gabon de mobiliser plus de 1 641,35 milliards FCFA sur le marché financier régional depuis 2007. Cette enveloppe devrait encore s’accroître avec le nouvel emprunt obligataire de 85 milliards FCFA en cours de souscription. Baptisée « EOG 2026 à tranches multiples », cette opération conduite par Emrald Securities Services Bourse (ESS Bourse), désignée arrangeur et chef de file, avec CCA Bourse en qualité de co-arrangeur, est structurée en deux tranches de 42,5 milliards FCFA : l’une sur trois ans à 6%, l’autre sur quatre ans à 6,5%. L’État prévoit de mobiliser 60 milliards de FCFA en numéraire, tandis que 25 milliards prendront la forme d’un mécanisme de rachat partiel de créances commerciales, destiné à injecter de la liquidité dans l’économie. La période de souscription s’étend jusqu’au 25 mai 2026 sur le marché financier de la CEMAC.









