Moisson abondante pour le Trésor camerounais ce lundi 24 juin sur le marché des titres publics de la Beac. Le pays avait procédé à l’émission par adjudication des Bons du Trésor Assimilables (BTA) et d’Obligations du trésor Assimilables (OTA) pour lever respectivement 125 milliards et 15 milliards de Fcfa.
À la clôture des opérations, le carnet d’ordre affiche une sursouscription de 106,4% soit 128 milliards de Fcfa proposé par les investisseurs sur les BTA dont la maturité était de 26 semaines. La sursouscription enregistrée n’a pas été totalement retenue lors de dénouement de cette opération. Seul l’initial, 125 milliards de Fcfa, a été adjugé au taux moyen de 6,59%, soit légèrement en dessous de la courbe des taux sur des instruments de même nature. Au ministère des Finances, on explique que cette opération relève de l’inédit puisque c’est bien la première fois sur le marché régional des titres publics que les investisseurs injectent autant sur un BTA de 26 semaines.
Le Cameroun a également enregistré une sursouscription sur son OTA émise le même jour. Rémunérée à 7,7% sur 10 ans, cette opération a enregistré des offres cumulées de 17 milliards alors que le Trésor ne recherchait que 15 milliards, soit 2 milliards de Fcfa en plus. L’enveloppe est certes modeste, mais le fait majeur est la forte sollicitation des investisseurs sur la maturité la plus élevée du marché pour l’instant. Précisons que les OTA remboursables sur 10 ans ne sont pas monnaie courante en raison de la faible profondeur du marché des titres publics de la Beac. La dernière tentative du genre par le Trésor camerounais remonte au 17 juin dernier ; Yaoundé n'avait alors pu obtenir que 52,5% des 20 milliards de Fcfa qu’il recherchait auprès de son réseau de Spécialistes en valeurs du Trésor (SVT).
Contacté par EcoMatin, le Trésor public s’est dit particulièrement satisfait de cette double réussite qui se tient dans un contexte de rareté des ressources alimenté par une politique monétaire restrictive et des taux de rendement élevés. Précisons également que la loi de finances rectificative, actuellement en étude auprès du parlement, prévoit de réduire les sollicitations du Cameroun sur le marché des titres publics à 280 milliards de Fcfa contre 375 milliards de Fcfa dans la loi de finances initiale. A la place, le texte autorise le gouvernement à lancer une offensive plus ardente auprès des banques étrangères à l’effet de mobiliser un peu plus de 467 milliards de Fcfa. Stratégie payante, alors que le marché domestique semble retrouver des couleurs ? Seule l’issue nous permettra d’en juger.








