Le 26 novembre 2024, la Banque des États de l'Afrique centrale (Beac) a procédé à une injection de liquidité record de 320 milliards de Fcfa dans le circuit bancaire de la sous-région Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et RCA). Cette opération qui n’a connu qu’une sursouscription de 29,8% avec 95,6 milliards de Fcfa captés par les banquiers témoigne d'un faible engouement de ceux-ci pour les offres de liquidité de la Beac. Et pourtant les banques commerciales manifestaient un appétit de plus en plus vorace pour les injections de liquidité jusqu’à ce qu’apparaissent les signes d'essoufflement dans la captation de la liquidité proposée par la banque centrale. En effet, il s’agit du plus faible taux de souscription enregistré pour les offres de liquidité depuis la reprise de ces opérations en juin 2024, après plus d’un an de suspension. Jusqu’ici, le plus faible taux sur ce type d’opération était de 47,5 %. C’était lors d’une opération effectuée le 5 novembre 2024, pour un montant similaire ( 320 milliards de Fcfa).
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Après la suspension en février 2023 de cette opération d’envergure, les établissements de crédit devraient normalement affluer vers cette offre qui leur donnerait la possibilité de se refinancer et d’acquérir de nouvelles ressources auprès de l’institut d’émission monétaire. Toutefois, les taux de souscription enregistrés ces dernières semaines semblent traduire un essoufflement des banques commerciales dans la captation de la liquidité proposée par la banque centrale. Depuis juin 2024, lorsque la Beac a repris ses opérations d’injection de liquidité, les besoins des banques n’ont cessé de croître atteignant souvent 500 milliards de Fcfa par semaine. L’on se souvient que l’offre de 120 milliards de Fcfa du 11 juin a rapidement augmenté pour atteindre 250 milliards en août, puis 260 milliards en septembre. Mais, après avoir été réduite jusqu’à 240 milliards de Fcfa fin octobre, elle a été à nouveau portée à 320 milliards de Fcfa le 5 novembre 2024, alors que les besoins exprimés par les banques oscillaient généralement autour de 250 milliards de Fcfa voire plus. Ces besoins sont descendus sous la barre de 200 milliards, puis moins de 100 milliards de Fcfa, en cette fin du mois de novembre 2024.
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Pour rappel, avant la relance des injections de liquidité, les banques commerciales de la Cemac ont été sujettes à l’intensification des opérations de reprise de liquidité dans les coffres-forts des banques ; et plus récemment les émissions des bons Beac, afin de ponctionner davantage de liquidité bancaire. Ces opérations qui sont entre autres armes utilisées par la banque centrale des États de la Cemac visent dans le même sillage à durcir les conditions d’accès aux financements des Etats. L’objectif étant d’assécher les banques commerciales, et restreindre ainsi l’accès des agents économiques pour réduire de 20 % l’inflation qui serait d’origine monétaire dans cet espace communautaire.

