L'Union européenne (UE) s'est officiellement positionnée pour financer la réalisation de l'inventaire national des ressources minières du Tchad, selon une annonce du ministère des Mines, du Pétrole et de la Géologie. Le chef de la délégation de l'UE à N'Djamena, Amador Sánchez Rico, a récemment rencontré la ministre du secteur, Fatima Haram Acyl, afin de poser les bases de ce projet stratégique. « Au cœur des échanges figuraient les perspectives d'une coopération structurante entre le Tchad et l'Union européenne, notamment autour de la réalisation de l'inventaire minier national, un projet stratégique qui sera conduit en partenariat avec l'Agence française de développement (AFD) », indique le communiqué du gouvernement tchadien.
Ce rapprochement entre Bruxelles et N'Djamena intervient dans un contexte marqué par la volonté des autorités tchadiennes de diversifier une économie encore fortement dépendante des hydrocarbures. Confronté à l'érosion progressive de ses revenus pétroliers, le pays cherche à mieux valoriser son potentiel minier afin d'attirer davantage d'investissements étrangers. Pour y parvenir, le gouvernement entend moderniser son cadastre minier et améliorer la connaissance de son sous-sol. « Il est difficile de valoriser des ressources dont le potentiel réel demeure mal connu », résume un responsable du secteur.
Lire aussi : 116 milliards de F de la BEI et l’UE pour la réhabilitation du Corridor Douala-Ndjamena
La ministre Fatima Haram Acyl a ainsi réaffirmé la disponibilité de son département à bâtir une coopération durable avec les partenaires européens afin de structurer la filière minière.
Cette initiative rejoint les recommandations formulées par le Fonds monétaire international (FMI). Dans un rapport publié en septembre 2023, l'institution de Bretton Woods soulignait que le secteur minier tchadien restait largement sous-exploré et insuffisamment documenté. Si certaines ressources sont identifiées, notamment plus de 2 milliards de tonnes de diatomite dans le bassin du lac Tchad, 500 000 tonnes de kaolin dans la région du Guéra ou encore près de 60 millions de mètres cubes de marbre dans le Ouaddaï, les réserves de plusieurs minerais stratégiques, dont le fer, le diamant ou le natron, demeurent encore mal évaluées.
Selon l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), le secteur minier contribue actuellement à hauteur d'environ 2 % du PIB tchadien. Dans le cadre de son Plan national de développement « Tchad Connexion 2030 », le gouvernement ambitionne de porter cette contribution à 5 % à moyen terme afin de diversifier les sources de croissance et de renforcer les recettes fiscales de l'État.








