elite_capital-15-09-2026
Breaking News
Chargement des breaking news...
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Banques et FinanceEecomembre

Réhabilitation des sites miniers : des pétroliers veulent faire echouer la réglementation des changes en zone Cemac

Déterminées à ne pas rapatrier dans la zone Cemac les réserves prétendument constituées pour la remise en état des sites exploités comme l’impose la règlementation des changes, les sociétés anglo-saxonnes ExxonMobil, Marathon, Chevron, Texaco, etc., font à nouveau convoquer le gouverneur Abbas Mahamat Tolli devant la chambre de Commerce de Washington, ce mercredi 12 avril. Un butin d’environ 5000 milliards de Fcfa en jeu.

Publiée mercredi 12 avril 2023 à 10:30:56Modifiée mercredi 12 avril 2023 à 12:08:28Temps de lecture 7 minPar Jean Omer Eyango

De la gauche vers la droite, Abbas Mahamat Tolli, le gouverneur de la Beac et Steven Galbraith, représentant du groupe d’entreprises américaines réunies au sein du Joint Working Group
De la gauche vers la droite, Abbas Mahamat Tolli, le gouverneur de la Beac et Steven Galbraith, représentant du groupe d’entreprises américaines réunies au sein du Joint Working Group

Le gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac) se trouve depuis lundi dernier aux États-Unis, pour répondre à ce qui correspond à une convocation dissimulée derrière une invitation à s’exprimer ce mercredi 12 avril devant la chambre de Commerce de Washington DC. Officiellement, Abbas Mahamat Tolli y va pour faire le point de l’avancée des discussions avec les entreprises pétrolières et minières sur la mise en œuvre de la réglementation des changes. Il interviendra devant un public composé d’entreprises pétrolières américaines ayant investi en Afrique, des représentants du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque mondiale (BM) et, bien entendu, de l’Etat américain, notamment du secrétariat d’Etat et du Trésor américain.

Lire aussi : Cemac : de nouvelles modalités pour le rapatriement des fonds de réhabilitation des sites miniers

Selon nos informations, cette rencontre est une initiative occulte d’un groupe d’entreprises américaines réunies au sein du Joint Working Group, représenté par l’avocat londonien Steven Galbraith. Ce groupe est constitué d’une vingtaine d’entreprises principalement anglo-saxonnes (dont ExxonMobil, Marathon, Chevron, Texaco, etc.). C’est désormais un cycle sans fin : à chaque fois que la Beac et les pétroliers présents en zone Cemac arrivent à trouver des points d’ententes ou à avancer dans les négociations, le lobbyiste Steven Galbraith repart aux Etats- Unis pour mettre la pression sur le gouverneur, les intérêts représentés au sein de cette chambre sont énormes pour l’Afrique centrale. En effet, l’institut d’émission a entrepris depuis 2019 des discussions avec les pétroliers qui ont abouti à des textes sur l’insaisissabilité de leurs comptes en devises dans la Cemac, le rapatriement prévu de seulement 35% de leurs recettes en devises, des facilitations dans les procédures d’importation et d’exportation, l’autorisation d’ouverture de comptes en devises à l’étranger, etc.

Lire aussi : Réhabilitation des sites pétroliers et miniers : la nouvelle bataille de la Beac

La seconde phase de ces discussions a été menée en collaboration avec les différents ministères en charge des Finances, des Mines, du Pétrole et les Sociétés nationales des hydrocarbures et des mines de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac). Avec, comme objectif, d’assurer la mise en œuvre de l’obligation de rapatriement des devises destinées à la remise en état des sites (fonds RES) en fin d’exploitation. Cette réforme est conforme à la nouvelle réglementation des changes, qui prévoit en son article 183 : « Dans les secteurs particuliers, notamment des hydrocarbures et des mines, en cas d’obligation légale ou contractuelle de constituer une dotation financière ou un fonds financier pour la réhabilitation d’un site en fin d’exploitation, la banque centrale peut ouvrir au nom de l’Etat concerné et de son contractant ou de l’exploitant, le cas échéant, des comptes en devises ou en Fcfa, afin d’y domicilier les ressources y afférentes ».

Modalités de rapatriement

Les fonds dont il est question ici et que les entreprises pétrolières et minières anglo-saxonnes et américaines, en particulier, sont déterminées à garder dans des comptes offshore en dehors de la Cemac, constituent un butin de plus de 5000 milliards de Fcfa en contre-valeur, selon des sources internes à la Beac. Les modalités de leur rapatriement sont pourtant arrêtées par un règlement de la Cemac pris en 2021 et par une instruction de la Beac de 2022. Les négociations étaient même très avancées entre cette banque centrale, les Etats et les sociétés nationales d’hydrocarbures et des mines, avec les entreprises extractives pour arrêter un modèle type de convention de compte séquestre à ouvrir dans les livres de la Beac comme l’exige la réglementation. Pas moins de 6 rounds de discussions ont eu lieu à Paris et Douala, qui ont débouché sur un texte convenu à l’unanimité des États de la Cemac, lors du dernier round tenu du 29 au 31 mars 2023 à Paris.

Lire aussi : La mise en œuvre du Code minier de 2016 bloquée

Au sein du groupe des négociateurs de la Beac, l’on confie que « toutes les demandes des sociétés extractives et des États ont été prises en compte dans le respect des exigences réglementaires, des statuts de la Beac et des contraintes économiques de ces fonds (sécurité, rentabilité, disponibilité) ». Mais, une fois reparti aux États-Unis, Me Steven Galbraith a entrepris des actions dilatoires et des manœuvres d’intimidation pour empêcher l’adoption du modèle type de convention de compte séquestre de ces fonds RES. Or, il est clair que ces ressources appartiennent aux États, car faisant partie des coûts pétroliers supportés par eux sur leur part de revenus de production.

Inflexion

Après qu’il n’a pas réussi à obtenir l’adhésion des États et empêcher qu’un modèle soit accepté par les autres intervenants, Me Galbraith a utilisé ses réseaux pour emmener le gouverneur de la Beac devant la Chambre de commerce de Washington DC, en vue d’obtenir une inflexion, un retard de la mise en œuvre de la procédure de rapatriement des fonds concernés, voire un retrait de ce modèle de convention de compte RES. Ce lobbyiste réussira-t-il à faire reculer la sous-région Cemac dont la l’amélioration de la situation économique en dépend, notamment pour ce qui est du renforcement de sa position extérieure ? Nos sources à la Beac disent en tout cas que le gouverneur est très déterminé à aller au bout en termes de mise en œuvre de sa réforme de change dans sa globalité. Abbas Mahamat Tolli a jusque-là obtenu des entreprises pétrolières le rapatriement de 35% de leurs recettes d’exportations en zone Cemac. On est encore loin du compte, puisque c’est jusqu’à 100% de ces devises qui doivent être rapatriées dont 70% à rétrocéder à la Banque Centrale. L’on note néanmoins que ces retours de devises ont été dopés sur un an, passant ainsi de 8200 milliards Fcfa en 2021 à 12000 milliards Fcfa en 2022.

Lire aussi : Exploitation minière clandestine : un éboulement fait 4 morts et 7 blessés à Batouri, à l’Est Cameroun

Pour mémoire, comme le relevait EcoMatin dans une précédente publication, entre 2013 et 2021, l’Organisation non-gouvernementale (ONG) Forêts et développement rural (Foder) a recensé plus de 157 décès sur les sites miniers dans les régions de l’Est et de l’Adamaoua au Cameroun. Parmi ces morts, 25 % sont dus aux noyades et éboulements de terrain causés par des trous à ciel ouvert laissés par des exploitants miniers. Au-delà du lourd bilan humain, la pratique est aussi responsable de la destruction de l’environnement, de la pollution des sources d’eau et des nappes phréatiques. C’est dire combien, au-delà des enjeux économiques et financiers, le rapatriement de cette manne est une condition déterminante pour la survie de l’environnement.

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement EcoMembre pour y accéder.

Contactez le service client
La suite après cette publicité
ecomatin magazine n3

EcoMatin Magazine international est disponible
Pour lire ce numéro cliquez ici

  • Accueil
  • Banques et Finance
  • Réhabilitation des sites miniers : des pétroliers veulent faire echouer la réglementation des changes en zone Cemac
BEACcemacRéhabilitation des sites miniersArchive
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

transfert d'argent okBanques et FinanceCameroun : les transferts d’argent de la diaspora ont bondi de 157 % en dix ansEn dix ans, les sommes envoyées au pays par les Camerounais de l’étranger ont été multipliées par 2,6, pour atteindre près de 395 milliards de FCFA en 2025. Une envolée accompagnée par la baisse des frais de transfert et l’essor des canaux numériques.il y a 3 heuresWhatsApp Image 2026-09-17 at 9.24.52 AMBanques et FinanceCameroun : CCA Bank renforce sa finance islamique grâce à une facilité de près de 10 milliards de FCFA de l’ICDÀ l’occasion de la Journée du Groupe de la Banque islamique de développement (BID), organisée le 14 septembre 2026 au Cameroun, CCA Bank a mis en lumière une facilité de financement de 15 millions d’euros, soit environ 9,84 milliards de FCFA, mobilisée auprès de la Société islamique pour le développement du secteur privé (ICD), membre du Groupe de la BID.il y a 1 jourPortrait de Fonkou Tankam Cyrille Landry, Associé-Directeur de FEUH CAPITAL INVEST LLCBanques et FinanceLe mirage de l’or noir traditionnel : pourquoi la tontine n’a jamais rendu milliardaire au Cameroun ?Dans cet entretien, Fonkou Tankam Cyrille Landry, Expert Financier près la Cour d’Appel du Centre, Administrateur Judiciaire près la Cour d’Appel du Nord-Ouest et Associé-Gérant du Cabinet FEUH CAPITAL INVEST LLC, livre son analyse sur les limites du modèle tontinier dans le financement des entreprises au Cameroun. Il revient notamment sur ses effets dans la grande distribution, l’immobilier et le transport, et plaide pour une transition vers des modes de financement plus structurés. il y a 1 jourPrésentation de l'emprunt obligataire Bamboo Microfinance à Brazzaville - Les officielsBanques et FinanceBamboo Microfinance présente à Brazzaville son emprunt obligataire de 5 milliards FCFAL’établissement gabonais de microfinance poursuit sa tournée régionale pour élargir la base de souscripteurs à son emprunt obligataire. Après Douala le 9 septembre, Bamboo a fait étape à Brazzaville le 15 septembre pour présenter aux investisseurs congolais son émission de 5 milliards de FCFA rémunérée à 7,25 %.il y a 1 jourLe-siege-de-la-Bvmac (2)Banques et FinanceLa BEAC prépare une feuille de route pour attirer les banques et institutions financières à la BVMACLe plan en préparation devra identifier les candidats, déterminer la part de leur capital susceptible d’être cotée, estimer leur valorisation et programmer les opérations sur une période de cinq ans.il y a 1 jourWhatsApp Image 2026-04-09 at 16.10.26Banques et FinanceCameroun : l’ex-patron d’UBA Congo lance une microfinance au capital de 305 millions FCFALe nouvel établissement entend se positionner sur la collecte de l’épargne, le crédit et les moyens de paiement, sur un marché camerounais qui concentre près des trois quarts des établissements de microfinance de la CEMAC.il y a 1 jour

Articles similaires

EpremiumChristian YokaRPolitiques PubliquesCongo : les intérêts de la dette publique vont bondir de 46 % en 2027Brazzaville devrait consacrer près de 350 milliards de FCFA au paiement des intérêts de sa dette en 2027. Une facture alimentée notamment par les échéances d’anciens emprunts et le recours croissant au marché régional des titres publicsil y a 1 semaine
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1CCA-Bank obtient le feu vert de Brazzaville pour s’implanter au Congoil y a 3 jours2Cameroun : le pakistanais Sunrise Food veut implanter un complexe agroalimentaire à Doualail y a 3 jours3Cameroun : l’ex-patron d’UBA Congo lance une microfinance au capital de 305 millions FCFAil y a 1 jour4Le mirage de l’or noir traditionnel : pourquoi la tontine n’a jamais rendu milliardaire au Cameroun ?il y a 1 jour5CEMAC : BGFI Holding lance sa deuxième augmentation de capital à 80 000 FCFA l’actionil y a 2 jours6Cameroun : plus de 50 financiers manifestent leurs intérêts pour le barrage de Kikotil y a 2 jours7Cameroun : la BID accorde une ligne de crédit de 95 millions d’euros à quatre banques pour soutenir les PMEil y a 2 jours8Cameroun : 215 agents du ministère des Finances soupçonnés d’avoir perçu des rappels de salaires en doubleil y a 1 jour9Transport aérien: une troisième compagnie nigériane ouvre une desserte vers le Camerounil y a 3 jours10Le Groupe Castel choisit le Cameroun pour lancer FEROX, sa nouvelle marque de boissons énergisantesil y a 2 jours
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.