Vingt ans après la signature du premier Contrat de désendettement et de développement (C2D) entre le Cameroun et la France, le bilan financier du mécanisme met en évidence l’ampleur des ressources injectées dans l’économie camerounaise. Depuis 2006, près de 967 milliards de FCFA ont été engagés à travers 54 conventions de financement, dont 871 milliards effectivement mobilisés au profit de projets de développement couvrant les infrastructures, l’agriculture, la santé, l’éducation, la formation professionnelle, la gouvernance et la culture. Ces chiffres ont été présentés le 9 juin 2026 à Yaoundé à l’occasion de la 17e session du Comité d’orientation et de suivi (COS-C2D), co-présidée par Louis Paul Motaze (Ministre des Finances), Alamine Ousmane Mey (Ministre de l'Économie) et S.E. Sylvain Riquier (Ambassadeur de France au Cameroun).
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Mécanisme innovant de reconversion de la dette en aide publique au développement, le C2D consiste à réaffecter les remboursements dus par le Cameroun sous forme de dons injectés dans des projets structurants. En vingt années de mise en œuvre à travers trois contrats-cadres successifs, ce dispositif a permis de mobiliser une enveloppe globale impressionnante de près de 967 milliards FCFA (soit environ 1,47 milliard d'euros). Du désenclavement routier à la santé, en passant par l'agriculture et l'éducation, le bilan de ce mécanisme se traduit par des réalisations concrètes sur l'ensemble du territoire national.
Plus de 339 milliards FCFA pour les infrastructures
Avec plus de 339 milliards FCFA investis dans six programmes structurants, le secteur des infrastructures et du développement des territoires représente la plus grosse enveloppe de ce partenariat. Ces fonds ont profondément modifié le visage des métropoles et des zones rurales. Le programme C2D-Routier a été la cheville ouvrière du désenclavement économique, permettant la construction de 125 ouvrages d'art et l'aménagement de 170 kilomètres de pistes rurales afin de faciliter l'acheminement des productions agricoles vers les marchés. Dans les grandes métropoles, le programme C2D-Urbain a transfiguré Douala et Yaoundé grâce à la réhabilitation d'axes routiers majeurs et au désenclavement de nombreux quartiers populaires.
Parmi les infrastructures phares, la construction du deuxième pont sur le Wouri à Douala demeure un ouvrage emblématique ayant fluidifié les échanges vers la zone portuaire , tandis que le projet Yaoundé Cœur de Ville poursuit la modernisation de la capitale politique via la restructuration de carrefours stratégiques et de gares routières.
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À Douala, un accent particulier a été mis sur le drainage pluvial, réduisant drastiquement les risques d'inondations dévastatrices à travers d'immenses réseaux d'évacuation. Enfin, le volet « Capitales Régionales » a étendu cette dynamique de proximité à Bafoussam, Bertoua, Garoua, Bamenda et Maroua par la construction de marchés modernes, de forages, de réseaux d'éclairage public et de pavages.
L'éducation et la santé au cœur des priorités
Le développement social et l'épanouissement des populations ont capté une enveloppe de plus de 114 milliards de FCFA. Dans le domaine de l'éducation, le C2D a soutenu l'objectif de scolarisation universelle en finançant la contractualisation de plus de 37 000 instituteurs dans les zones prioritaires, parallèlement à la construction de plus de 1 200 salles de classe. Dans le secteur de la santé, le programme s'est illustré par la distribution de plus de 350 000 « chèques santé », un mécanisme innovant ayant permis d'assurer une prise en charge médicale optimale et à moindre coût pour les femmes enceintes et les nouveau-nés.
Agriculture et insertion professionnelle des jeunes
Pilier de l'économie camerounaise, le secteur rural a bénéficié de financements majeurs. Le programme phare ACEFA, doté de plus de 114,5 milliards de FCFA, a directement accompagné plus de 315 000 exploitations familiales agropastorales, améliorant la productivité et les revenus des producteurs.Pour pérenniser ces acquis et répondre au défi du chômage, plus de 76 milliards de FCFA ont été mobilisés pour la formation et l'insertion professionnelle des jeunes.
Le programme AFOP a ainsi formé plus de 21 000 jeunes aux métiers modernes de l'agriculture, de l'élevage et de la pêche. En complément, trois Centres de Formation aux Métiers (CFM) ultra-modernes ont été sortis de terre à Bandjoun, Bertoua et Maroua afin d'offrir une main-d'œuvre qualifiée aux entreprises locales. A l'heure où s'exécute le troisième C2D doté d'une enveloppe globale de 401 milliards de FCFA, ce partenariat confirme son rôle de levier incontournable de la souveraineté et de l'émergence économique du Cameroun.

