Au Tchad, les pouvoirs publics s'efforcent de trouver une solution durable à la flambée des prix du ciment. Le 20 décembre dernier, le gouvernement a décidé de céder une partie de sa participation au capital de la Société Nationale de Ciment (Sonacim), société anonyme au capital social de cinq cents millions (500.000.000) de Fcfa dont il détient les actions à hauteur de 92%. Selon un communiqué signé par Mbaikombe Guetimbaye Abel, le Président de la Commission technique chargée du Désengagement de l'État des Entreprises, un appel d'offres international a été lancé pour la cession d'un bloc d'actions représentant 70% du capital social. D’après ce dernier, l'État se réserve la possibilité de céder le solde de sa participation à terme. « Le cahier des charges est disponible contre paiement de cinq cent mille (500 000) Fcfa non remboursable. », précise-t-il.
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La décision du gouvernement tchadien de céder une partie du capital de cette société d’Etat s'inscrit dans un contexte de crise persistante du secteur de la construction, notamment en raison de la hausse continue des prix du ciment. En effet, d’après des sources concordantes, le coût d'un sac de ciment de 50 kg varie entre 8 500 et 11 500 Fcfa, soit 130 à 176 euros, un prix jugé exorbitant par la population. Cette hausse est attribuable en partie à la production insuffisante de l'usine de Baoré, impactée par la crise économique. Pour pallier ce déficit, le Tchad importe du ciment du Maroc, du Nigeria et du Cameroun. Cependant, ces importations ne suffisent pas à satisfaire la demande, et les prix demeurent élevés. Face à cette situation, de nombreux Tchadiens sont contraints de reporter leurs projets de construction.
Une solution face la pénurie de stocks ?
Construite en 2011 dans le Mayo-Kebbi Ouest, l'usine de la Sonacim à Baoré devait initialement produire 200 000 tonnes de ciment par an, soit 700 tonnes par jour, afin de répondre aux besoins nationaux. Malheureusement, depuis le début de la crise économique en 2016, l'usine peine à atteindre ses objectifs de production. Selon une récente intervention de Benoit Koye Ndaye, directeur adjoint de l'usine, chez nos confrères de Radio France Internationale (RFI), « l'usine fonctionnait déjà à perte avant la crise, en raison notamment de la baisse des prix de vente du ciment. Pour tenter de maintenir sa compétitivité, nous avions réduit les prix du ciment de résistance 32,5 et 42,5. Cependant, ces mesures n'ont pas suffi à redresser la situation, et nous sommes actuellement confrontés à une pénurie de stocks. » Les difficultés rencontrées par l'usine de Baoré, liées l'approvisionnement, manque de liquidités, etc., expliquent en partie la persistance de la crise du ciment au Tchad.
Une cession sur fond de crise
Les difficultés de la Sonacim se sont aggravées début 2024 avec une série de grèves. Après trois jours de grève avec un service minimum du 30 mars au 1er avril, les employés ont déclenché une grève illimitée le 2 avril, suite à l'échec des négociations avec la direction. Les revendications portaient principalement sur le paiement régulier des salaires, l'affiliation à la sécurité sociale, la couverture médicale et la régularisation des contrats de travail. Face à la persistance de ce conflit social, la décision de l'État de céder une partie du capital de la Sonacim suscite de vives inquiétudes chez les employés, qui craignent pour leur avenir et pour la pérennité de leurs droits sociaux.








