Le groupe audiovisuel français Canal+, filiale de Vivendi, dont la famille Bolloré est l’actionnaire principal, a fait un pas décisif dans sa marche vers le rachat du géant sud-africain de télévision payante MultiChoice. L’offre de la multinationale française a en effet été acceptée par le Conseil d’administration du groupe sud-africain. Les deux mastodontes de la télévision ont à cet effet publié une circulaire conjointe à l'intention des actionnaires de MultiChoice et présentant notamment le rapport de l’expert indépendant, Standard Bank, qui juge l’offre du groupe français « juste et raisonnable ».
Dans les tuyaux depuis des mois, ce projet de rachat est chiffré à 1 milliard 700 millions d’euros (près de 1 115 milliards de Fcfa) selon la presse française. Le prix de l’offre est de 125 rands (6 euros) par action, payés en numéraire, contre 105 rands (5,07 euros) précédemment, valorisant MultiChoice à près de 2,7 milliards d’euros. La conclusion de cette opération pourrait toutefois prendre encore plusieurs mois, le temps d’obtenir les autorisations réglementaires.
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Si le rachat de la totalité des participations de MultiChoice devait aboutir, il offrirait à Canal+ un quasi-monopole sur l’offre de télévision payante en Afrique subsaharienne. Déjà bien implanté dans 25 pays d’Afrique francophone avec plus de 8 millions d'abonnés, le groupe audiovisuel français profiterait d’une ouverture sur l’Afrique anglophone et verrait ainsi son parc d’abonnés être multiplié par 4 dans le continent. En effet, MultiChoice compte plus de 23,5 millions d'abonnés dans plus de 50 pays. En acquérant le géant sud-africain de la télévision, Canal+ attendrait les 31,5 millions d’abonnés en Afrique. Le groupe Bolloré franchirait ainsi un pas décisif vers l’atteinte de son objectif qui est de devenir un mastodonte mondial du divertissement, à même de rivaliser avec les grandes plateformes américaines comme Netflix, Amazon Prime, ou encore Disney+.
Le poker gagnant de Bolloré (?)
En attendant que le rachat de MultiChoice soit bouclé, Canal+ peut se féliciter d’avoir mis sur pied une stratégie astucieuse qui aura consisté à obtenir plus d’actions à un prix abordable pour ensuite payer le pourcentage de la somme correspondant à la proportion du capital qu’il ne détient pas, lors de l’achat de MultiChoice. C’est dans cette démarche que Canal+ décide en février, d’augmenter sa part dans MultiChoice, passant de 31,67% à 35,01%, franchissant ainsi le seuil qui lui permettait de lancer une Offre publique d'achat (OPA) selon les règles du Takeover Regulation Panel (TRP), le Comité de réglementation des offres publiques d’achat en Afrique du Sud.
L’Afrique, 4ème marché de Vivendi
Après avoir augmenter ses parts à 36,6% quelques jours plus tard, Canal+ achetait 3,7 millions d’actions supplémentaires le 12 avril, détenant ainsi 40,83% des actions de MultiChoice. Les deux groupes sont désormais sur la dernière ligne droite. « Canal+ et MultiChoice évaluent et finalisent actuellement une potentielle structure pour les activités soumises à une licence qui garantirait le respect des limitations applicables en matière de contrôle étranger lors de la mise en œuvre de l’offre obligatoire », a communiqué le groupe français.
Notons que l’Afrique représente le quatrième marché de Vivendi, maison-mère de Canal+, et contribue à hauteur de 990 millions d’euros au chiffre d’affaires (en hausse de 45 millions d’euros, soit 10% du chiffre d’affaires global qui se situe à 10,51 milliards d’euros) et un peu plus de 1,4 milliard d'euros d'actifs en 2023.








