Le Trésor public de la République du Congo était actif sur le marché des titres publics de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) au cours de la semaine allant du 9 au 13 septembre dernier. Si l’un des objectifs de Brazzaville était de tenter de lever 35 milliards de Fcfa à travers deux émissions de Bons de Trésor Assimilables de 52 et 13 semaines d’un montant respectif de 25 milliards (pour 12,2 milliards de Fcfa mobilisés) et 10 milliards de Fcfa (pour 5,2 milliards de Fcfa mobilisés), le pays a surtout opéré avec succès, quatre opérations de remboursement d’un montant global de 34,078 milliards de Fcfa. Le détail de ces opérations inclut le paiement d’un intérêt de 770,2 millions de Fcfa, ainsi que trois remboursements de capital de 2,118 milliards, 11,5 milliards et 19,690 milliards de Fcfa. Ces paiements démontrent la volonté du Congo de rétablir sa crédibilité financière après une période d’instabilité marquée par un défaut sur ses obligations sur le marché des titres publics de la banque centrale.
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En effet, ces remboursements interviennent quelques semaines seulement après que Brazzaville a été incapable de respecter des échéances de remboursement sur le même marché. Selon des révélations exclusives d’EcoMatin, Brazzaville s’est retrouvé dans l’incapacité de respecter les échéances de remboursement intervenus principalement du 27 au 29 août 2024 à hauteur de 30,6 milliards de Fcfa, craignant par la même occasion un autre défaut sur deux échéances prévues les 5 et 7 septembre, pour un montant global de 21,3 milliards de Fcfa. Le ministre congolais de l'Economie et des Finances avait justifié la situation par un dysfonctionnement technique. « Ce défaut [de paiement], dû à un dysfonctionnement technique qui peut survenir dans le fonctionnement quotidien des services financiers, a vite été résolu normalisant ainsi la situation du Congo sur le marché sous régional », a écrit Jean-Baptiste Ondaye dans un communiqué signé le 4 septembre.
Des tensions de trésorerie persistantes
Les difficultés rencontrées par le Trésor public congolais sur le marché des titres publics de la Beac ne sont pas une première. En 2017 et 2018, le Congo avait déjà été en défaut de paiement sur ses eurobonds, alimentant des inquiétudes quant à sa solvabilité. Le pays traîne aujourd'hui une dette publique équivalente à 99 % de son produit intérieur brut (PIB) à la fin de l’année 2023, mettant sous pression sa gestion budgétaire. En dépit d'une hausse modérée des recettes publiques, ces dernières restent insuffisantes pour répondre à ses besoins financiers croissants.
Résultat des courses, le Congo, qui concentre 34,9% de l’encours global des titres en circulation au 31 mars 2024 faisant de lui l’émetteur de référence sur ce marché devant le Gabon et le Cameroun, a créé un climat de suspicion entraînant au passage un refroidissement des ardeurs des investisseurs régionaux sur le marché des titres publics. Alors que les six pays de la zone Cemac recherchent en ce troisième trimestre pas moins de 1 133 milliards de Fcfa. L’insolvabilité du Congo vient donc remettre en doute le mécanisme de sûreté par débit d’office mis en place par la banque centrale pour assurer les remboursements. Il s’agit d’un droit qu’a la Beac de prélever automatiquement dans le compte du pays pour renflouer les comptes séquestres ouverts pour chaque emprunt.








