« Dans les prochains jours, il y aura des missions conjointes sur le terrain pour faire l’inventaire des engins qui s’y trouvent et pour que la rétrocession commence ». Ainsi rassurait le Directeur général du Centre national d’études et d’expérimentation du machinisme agricole (Ceneema), Andrée Caroline Mebande Baté lors d’un Conseil d’administration tenu le 29 juin 2022. Quasiment deux ans après, un Comité interministériel piloté par le Premier ministère et constitué du ministère de l’Economie, celui de l’Agriculture, du Ceneema, a été formé. Cependant, les procédures administratives freinent « la remise des clés » censée faire office d’autonomisation du Ceneema.
Des sources contactées au sein de cette entreprise publique font certes savoir que « le processus toujours en cours, est très avancé », mais aucune prévision n’est faite pour le moment, sur une éventuelle reprise en main imminente des équipements par cette entreprise chargée de la promotion et le développement de la mécanisation agropastorale au Cameroun.
A date, l’on apprend que 291 tracteurs ont été montés depuis le deuxième semestre de l’année dernière. Pourtant, « ces équipements ne servent pas. Or, depuis un an, le Conseil d’administration a validé l’ouverture de 12 antennes régionales et plus d’une dizaine de pools agricoles qui vont recevoir les équipements. La rétrocession va permettre que les équipements soient rapprochés des différents clients, que la majorité des engins ne partent pas toujours de Yaoundé », explique notre informateur.
Coût du carburant
En l’absence de ce transfert de pouvoir au Ceneema sur ces infrastructures agricoles, la distance impacte le temps des travaux par le besoin en produits pétroliers. « Cela renchérit le coût de la prestation en termes de carburant....mais le coût de la prestation en elle-même reste très abordable », relève un cadre du Ceneema ayant requis l’anonymat.
Pour rappel, la reprise de l’usine d’assemblage des engins s’inscrit dans le cadre de la deuxième convention entre le Cameroun et le gouvernement indien concernant les filières riz, maïs et manioc. Celle-ci, apprend-t-on de bonnes sources, va coûter environ 22 milliards de Fcfa. A noter que le Cameroun reçoit les pièces détachées qui sont ensuite montées sur le site à Ebolowa, chef-lieu de la région du Sud Cameroun. Les autres équipements arrivent au complet. En juillet 2023, le DG du Ceneema indiquait que 08 porte-chars, 07 camions-plateaux et nous aurons 21 bulldozers, 10 pelles-chargeuses, 10 compacteurs, 10 niveleuses, 18 camions citernes, avaient déjà accostés au Cameroun.
Transfert de compétences
Du reste, l’idéal dans le cadre de cette coopération est le transfert de compétences aux Camerounais. « Ce sont des entreprises indiennes qui sont en train de former le personnel d’ici. Environ 05 sont partis en Inde l’année dernière et ils sont devenus formateurs des formateurs. Maintenant, les Indiens sont redevenus. Une vingtaine de personnels est en train d’être formée à Ebolowa », apprend-t-on. Ce renforcement des capacités devrait permettre à long terme, de réduire les importations des services qui contribuent également à plomber le déficit de la balance commerciale au Cameroun. Selon l’Institut national de la statistique (INS), elles ont atteint 182,5 milliards de Fcfa au 4ème trimestre 2023 (+23%).
D’après la Commission technique de réhabilitation des entreprises du secteur public et parapublic (CTR), les recettes propres du Ceneema se sont établies à 157, 6 millions de Fcfa en 2022 (+13,8%) dues à la création de nouveaux pools d’engins et à l’acquisition de nouvelles machines. Pour maintenir le cap, « la réalisation d’une étude-diagnostic du Ceneema et la signature avec l’Etat d’une convention de rétrocession de l’Usine d’Assemblage des tracteurs d’Ebolowa, des pools d’engins et actifs associés, issus des conventions « Riz-Maïs » et « Manioc », augurent des lendemains meilleurs pour le Ceneema et l’agriculture camerounaise », prévoit cet organisme logé au ministère des Finances (Minfi).






