En application de l’article 11 des décrets du 19 juin 2019 fixant les catégories, la rémunération, les indemnités et les avantages des dirigeants des entreprises et des établissements publics, le ministre des Finances (Minfi) Louis Paul Motaze a procédé à une mise à jour de la classification de ces entités publiques à travers 2 arrêtés. Signés le 13 août dernier, ces textes viennent remplacer ceux de janvier 2023. Ils permettent également d’avoir une idée plus exacte de la géographie du portefeuille qui est composé de 34 entreprises et 75 établissements soit 109 entités, contre 111 lors de la précédente classification.
Pour les entreprises publiques, le critère retenu est le chiffre d'affaires moyen réalisé au cours des trois derniers exercices fiscaux. Au-dessus de 100 milliards de FCFA, l'entreprise entre en première catégorie ; entre 50 et 100 milliards de FCFA, elle relève de la deuxième ; entre 10 et 50 milliards de FCFA, elle est de la troisième ; entre 5 et 10 milliards de FCFA, c’est la quatrième et jusqu'à 5 milliards de FCFA pour la cinquième. Le classement est actualisé tous les trois ans par le ministre des Finances. Pour les établissements publics, c'est le chiffre d’affaires moyen réalisé au cours des trois derniers exercices clos qui sert de référence. Les mêmes seuils de 100 milliards de FCFA, 50 milliards de FCFA, 10 milliards et 5 milliards de FCFA permettent ensuite de répartir les organismes dans les cinq catégories.
À chaque catégorie correspond un niveau précis de rémunération du directeur général, du directeur général adjoint et du président du conseil d'administration. Une entreprise, qui passe de la catégorie le moins importante à la catégorie la plus importante peut donc améliorer la rémunération attachée au poste de son DG ; une rétrogradation de la catégorie produit l'effet inverse.
6 millions FCFA de salaire pour les patrons des plus grandes entreprises
Dans la nouvelle classification, Camtel, Alucam, Socadel, le Port autonome de Douala (PAD), Sodecoton, Sonara et la Société nationale des hydrocarbures (SNH) font partie de la première catégorie. Leurs directeurs généraux se situent tout en haut de la grille prévue par le décret de 2019. Leur salaire mensuel de base est fixé à 0,006 % de la borne inférieure de leur catégorie, soit 6 millions de FCFA par mois. Mais ce chiffre ne représente pas la totalité de ce qu'ils peuvent percevoir pour la même période. À ces 6 millions de FCFA s'ajoutent une indemnité mensuelle de responsabilité égale au cinquième du salaire, soit 1,2 million de FCFA et une indemnité de représentation égale au septième, soit environ 857 000 FCFA. Un DG d'une entreprise publique de première catégorie peut donc afficher une rémunération mensuelle brute d'environ 8,06 millions de FCFA, avant impôts et sans compter les avantages en nature. C'est près de 96,7 millions de FCFA sur douze mois, en dehors des autres avantages.
En deuxième catégorie, où se retrouve désormais la Sonatrel, le salaire de base du directeur général est fixé à 4 millions de FCFA, avec 800 000 FCFA d'indemnité de responsabilité et environ 571 000 FCFA de frais de représentation, la rémunération brute mensuelle ressort autour de 5,37 millions de FCFA. La troisième catégorie, qui regroupe Camair-Co, CDC, Camwater, EDC, Aéroports du Cameroun, le Port autonome de Kribi et la SCDP donne droit à un salaire de base de 3 millions de FCFA, soit environ 4,03 millions de FCFA brut par mois avec les deux indemnités.
Pour les entreprises de quatrième catégorie, notamment CNCC, Labogénie et Sopecam, le salaire de base tombe à 2,5 millions de FCFA, pour environ 3,36 millions de FCFA de rémunération brute. Enfin, un DG de cinquième catégorie perçoit 2 millions de FCFA de salaire de base, auxquels s'ajoutent 400 000 FCFA de frais de responsabilité et environ 286 000 FCFA de frais de représentation, soit près de 2,69 millions de FCFA brut par mois. Ces trois composantes sont soumises aux impôts et taxes.
Logement, deux véhicules, carburant…
La rémunération des patrons publics ne s'arrête toutefois pas à cette fiche de paie. Le décret prévoit une résidence de fonction pour le DG ainsi que son adjoint. Lorsque celle-ci est louée auprès d'un particulier, le loyer pris en charge par l'entreprise peut atteindre le quart du salaire de base. Si le dirigeant utilise son propre logement, il bénéficie d'une indemnité de logement plafonnée au même niveau. Pour un DG de première catégorie, cela représente donc jusqu'à 1,5 million de FCFA par mois. Le DG a également droit à deux véhicules : un véhicule de fonction d'une puissance administrative maximale de 15 CV et un véhicule d'hôtel particulier de 11 CV maximum. S'ajoutent une allocation d'ameublement et d'équipement pouvant atteindre deux mois de salaire de base, renouvelable tous les cinq ans, ainsi que des allocations mensuelles pour le carburant, l'eau et l'électricité, la domesticité et le téléphone. Il bénéficie en outre d'un gardien de jour et d'un gardien de nuit.
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Ces allocations ne sont toutefois pas sans plafond : leur montant cumulé ne peut dépasser la moitié du salaire mensuel de base du dirigeant. Pour un DG de première catégorie, elles peuvent donc représenter jusqu'à 3 millions de FCFA supplémentaires par mois, selon les montants arrêtés par le conseil d'administration. Les déplacements constituent un autre étage de la rémunération. Le DG perçoit 150 000 FCFA par jour lorsqu'il est en mission à l'intérieur du Cameroun. À l'étranger, l'indemnité passe à 250 000 FCFA par jour dans la majeure partie de l'Afrique, à 300 000 FCFA notamment en Europe et au Moyen-Orient et jusqu'à 350 000 FCFA par jour en Amérique, en Asie, en Océanie ou encore en Allemagne, en Autriche et en Suisse.
Les déplacements en avion sont effectués en classe affaires. Précisons que cette classification n’intègre pas les entités de l’État opérant dans le domaine financier à savoir, le Crédit Foncier du Cameroun (CFC), la Caisse des dépôts et consignations (CDEC), la Société de recouvrement des créances (SRC) qui eux sont régis, en ce qui concerne les rémunérations, par les dispositions applicables au secteur bancaire.
| Catégorie | Entreprises | Salaire mensuel de base du DG en millions de franc CFA | Rémunération brute avec indemnités en millions de franc CFA |
| 1re | Camtel, Alucam, Socadel, PAD, Sodecoton, Sonara, SNH | 6 | 8,06 |
| 2e | Sonatrel | 4 | 5,37 |
| 3e | Camair-Co, CDC, Camwater, EDC, ADC, PAK, SCDP | 3 | 4,03 |
| 4e | CNCC, Labogénie, Sopecam | 2,5 | 3,36 - |
| 5e | Anafor, Campost, CNIC, Cameroon Publi-Expansion, Lanavet, Hydro-Mekin, Midepecam, Maetur, Magzi, Pamol, Matgénie, Sodepa, Semry, SIC, Sonamines, SNI | 2 | 2,69 |
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Les établissements publics moins généreux
La grille est sensiblement moins élevée pour les établissements publics. Alors qu'un DG d'entreprise publique de première catégorie perçoit 6 millions de FCFA de salaire de base, son homologue à la tête d'un établissement de la même catégorie perçoit 3 millions de FCFA. Avec les indemnités de responsabilité et de représentation, sa rémunération brute atteint environ 4,03 millions de FCFA par mois. Le salaire de base descend ensuite à 2,5 millions de FCFA en deuxième catégorie, 2 millions de FCFA en troisième, 1,5 million de FCFA en quatrième et 1 million de FCFA en cinquième catégorie. Comme dans les entreprises publiques, s'ajoutent une indemnité de responsabilité égale au cinquième du salaire et une indemnité de représentation correspondant au septième












