Le président camerounais Paul Biya a demandé d'accélérer la cession de General Bank of Cameroon (GBC), ex-Société Générale Cameroun, au consortium formé par NSIA Bank et la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), relançant un dossier qui semblait ces dernières semaines s'orienter vers une procédure d'appel d'offres, selon une correspondance consultée par EcoMatin. Datée du 19 août et signée par le secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, cette note répercute les instructions du chef de l'État à l'attention du ministre des Finances. Elle constitue la deuxième relance présidentielle sur ce dossier, après une première instruction transmise en avril dernier, et est intervenue deux jours avant le retour de Paul Biya au Cameroun, le 21 août, après plus de deux mois d'absence. Elle remet ainsi au premier plan le scénario privilégié par la présidence, après plusieurs semaines durant lesquelles des sources proches du dossier évoquaient plutôt une mise en concurrence des différents candidats à la reprise de l'ancienne filiale du groupe Société Générale.
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Cette nouvelle relance vise avant tout à éviter un allongement du calendrier. Selon plusieurs sources proches du dossier, les autorités redoutent qu'un appel d'offres ne reproduise le précédent de Commercial Bank Cameroon (CBC), dont le processus de privatisation n'a toujours pas abouti plus de deux ans après son lancement. Elles estiment également qu'un maintien prolongé de General Bank sous contrôle de l'État pourrait finir par peser sur la valeur de l'établissement au moment de sa revente, tout en entretenant l'incertitude auprès des clients, des salariés et des marchés.
Le groupe français Société Générale a cédé en mai dernier sa participation de 58,08 % dans sa filiale camerounaise à l'État, portant la participation publique à 83,68 %. L'opération s'inscrivait dans la stratégie de retrait du groupe de plusieurs marchés africains. Dès l'origine, Yaoundé avait toutefois présenté cette prise de contrôle comme une solution transitoire destinée à faciliter l'entrée d'un investisseur stratégique.
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Depuis, General Bank of Cameroon poursuit sa réorganisation. Réuni le 5 août, son conseil d'administration a validé un plan d'internalisation de plusieurs fonctions jusqu'alors mutualisées et pris acte de résultats semestriels en progression. Selon un communiqué publié le 21 août, le total du bilan a progressé de 10 % par rapport à fin décembre 2025, tandis que le résultat net est en hausse de 6,8 % sur un an. Les encours de crédits progressent de 0,5 % et le taux de couverture des créances douteuses atteint 85 %, des performances destinées à démontrer que la banque conserve sa dynamique commerciale malgré la transition actionnariale.
Cette phase de transition s'accompagne également d'un important chantier technologique. Selon la même source, la banque déploie progressivement une nouvelle base applicative afin de remplacer les systèmes historiquement fournis par Société Générale. La finalisation rapide de la cession permettrait ainsi à l'État d'éviter de mobiliser près de 150 milliards de FCFA de financements supplémentaires qui auraient été nécessaires pour poursuivre seul cette transformation numérique si General Bank demeurait durablement sous contrôle public.
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Le consortium NSIA-CNPS n'est toutefois pas le seul acteur à avoir manifesté son intérêt pour l'établissement. Le groupe gabonais BGFIBank, le burkinabè Coris Bank International ainsi que le nigérian Zenith Bank figurent parmi les établissements régulièrement cités dans les milieux financiers comme candidats potentiels à la reprise. La cession définitive devra, en tout état de cause, obtenir le feu vert de la Commission bancaire de l'Afrique centrale (Cobac).











