Le 27 mai 2026, le Tribunal international du droit de la mer (TIDM), l'instance judiciaire des Nations Unies spécialisée dans les litiges maritimes, a condamné la Guinée Équatoriale à verser environ 14 millions de dollars (soit plus de 8 milliards de FCFA) de dommages et intérêts aux Îles Marshall. Cette sanction vise à réparer l'arrestation « illégale » du M/T Heroic Idun, un pétrolier géant battant pavillon marshallais en 2022.
Selon le communiqué officiel consulté par EcoMatin, cette enveloppe globale intègre d'abord 2 millions d’euros (1,3 milliard FCFA) correspondant au remboursement de l’amende initialement imposée par Malabo et payée par les armateurs du navire. Le reste de la condamnation, d'un montant de 12 millions de dollars (environ 6,7 milliards FCFA), servira à compenser les préjudices financiers et humains : 5,9 millions de dollars couvriront le manque à gagner lié à l'immobilisation du pétrolier, 4,1 millions de dollars répareront le préjudice moral subi par l’équipage, tandis que les 2 millions de dollars résiduels prendront en charge les frais de voyage, les sursalaires versés durant les 92 jours de détention, ainsi que les frais d’agence et les taxes portuaires induits, etc.
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En effet, à en croire le verdict rendu par cette instance judiciaire, la Guinée Équatoriale a été reconnue coupable d’avoir violé la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS) « en raison de l'arrestation en août 2022 du pétrolier Heroic Idun, à la demande République fédérale du Nigéria, pour des infractions présumées commises dans les eaux juridictionnelles du Golfe de Guinée ». De fait, la Chambre spéciale a conclu que les Îles Marshall sont fondées à obtenir réparation du préjudice causé par Malabo et notamment à être indemnisées des dommages ou autres pertes subis par le ‘’ Heroic Idun ‘’ et toutes les personnes impliquées dans son activité ou possédant un intérêt dans cette activité.
Les faits remontent en effet, au 12 août 2022. Le Nigéria demande à la Guinée Equatoriale de ''rechercher'' et ''saisir'' le navire qui serait « entré illicitement » dans ses eaux territoriales pour « charger du pétrole brut sans l’autorisation voulue ». Du 13 août au 11 novembre 2022 (92 jours), le navire est immobilisé en Guinée équatoriale. Une partie de l'équipage est détenue à terre à Malabo. Pour obtenir leur libération, les armateurs paient une amende de 2 millions d’euros le 4 octobre. Au lieu d'être relâchés, le pétrolier et ses marins sont livrés au Nigéria, qui les détient durant six mois supplémentaires avant de les libérer. De juin à juillet 2023 après sa libération, le navire transite par l'Afrique du Sud avant de rejoindre les Émirats arabes unis pour y subir des réparations.
Réagissant à ce verdict du Tribunal international du droit de la mer, le gouvernement équatoguinéen a déploré une « sanction injustifiée imposée » par les Marshall après la détention du navire en question.








