Le 19 octobre 2024 fut une journée d’accomplissements pour Albert Nkemla. Le banquier était aux premières loges pour l’inauguration du siège du Crédit Communautaire d’Afrique (CCA Bank) qui, du haut de ses onze étages, rayonne dans le quartier administratif de Bonanjo, à Douala. Il recevait par la même occasion la reconnaissance du président Paul Biya qui l’a exceptionnellement élevé au rang de grand officier de l’ordre de la valeur.
Ce jour-là, le natif de Bansoa a pu mesurer le chemin parcouru en 25 ans. Cet ancien cadre de la Société générale de banque du Cameroun (SGBC aujourd’hui SGC) décide, depuis Bafoussam et grâce au concours financier de son épouse de se lancer dans la microfinance. Un chemin qui ne fut pas un long fleuve tranquille. Tant CCA fut par exemple victime de fake news qui faillirent la couler si un retrait massif des dépôts s’était produit.
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Pari gagné
Un autre pari est gagné de haute lutte en 2018, puisque qu’il s’agit du premier établissement de microfinance (EMF) de la zone Cemac à tenter l’aventure bancaire. Un choix payant, dans la mesure où CCA Bank, qu’il contrôle à 58,5% à travers son groupe Afrigroup Holding, a gagné huit places pour se hisser au huitième rang d’un paysage bancaire qui compte 18 acteurs. En septembre 2024, l’institution revendiquait un total de bilan de 832 milliards de FCFA.
Une telle performance ne pouvait passer inaperçue. C’est la raison pour laquelle CCA-Bank s’est vu gratifier du Prix Spécial du Jury par EcoMatin lors du dernier classement des banques. L’établissement affichait alors un résultat net historique de 13,014 milliards de Fcfa, en hausse de 67% par rapport à l’année précédente. La banque a distribué la grosse part de ce profit aux actionnaires. Des lauriers qui sanctionnent une stratégie payante, axée sur le modèle de la banque de masse ciblant les salariés, les entrepreneurs individuels et les PME/PMI. « Nous avons toujours veillé à être une banque liquide et rentable. Même si ce sont des objectifs difficilement conciliables », reconnaissait l’actuel président du conseil d’administration de la banque lors de la cérémonie d’inauguration.
Inspirateur
S’agissant des affaires, le sexagénaire a de qui tenir. Il y a pratiquement une décennie, il célébrait Paul Fokam Kammogne lors de l’inauguration d’une église à Bansoa, une des multiples réalisations offertes à la localité qui l’a vu naître. Albert Nkemla n’avait pas hésité à le qualifier de « son mentor et le grand frère qu’il n’a jamais eu ». Comme le fondateur d’Afriland First Group, il a su diversifier son groupe en s’implantant dans la fourniture de bureau (Office SA), l’assurance (Afriassure), l’agroalimentaire (Afrifood), l’immobilier (SCI-AFG), le commerce (Afrilux) et les technologies de l’information et de la communication (Videcom).
Comme son inspirateur, il s’apprête à aller à la conquête du continent. Cela s’est traduit par la restructuration de CCA Bank avec la création d’un département en charge du développement à l’international et la levée de fonds pour soutenir une telle ambition, notamment auprès de la Société financière internationale (SFI). L’ouverture de la première filiale, initialement prévue pour fin 2024, ne saurait tarder. Même si, comme la formule du coca-cola, le secret demeure pour l’instant mieux gardé sur le pays dans lequel l’aventure africaine débutera.








