Breaking News
Chargement des breaking news...
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Politiques PubliquesEecomembre

Au Cameroun, le ministre des Finances suspend un impôt « controversé » sur les revenus des salariés

Après les plaintes des groupements patronaux, Louis Paul Motaze met un frein au sujet de l’imposition sur les avantages en nature des salariés : logement, électricité, eau, véhicule, domestiques, nourriture.

Publiée lundi 15 janvier 2024 à 10:23:01Modifiée lundi 15 janvier 2024 à 10:23:10Temps de lecture 4 minPar Jean Omer Eyango

le gouvernement suspend la taxes.
le gouvernement suspend la taxes.

Dans une correspondance datée du 12 janvier 2024 aux Groupements Patronaux, le ministre des Finances (Minfi), Louis Paul Motaze, a prescrit la suspension d’un impôt controversé sur les revenus des personnes. Il écrit à cet effet : « j’ai l’honneur de vous demander de bien vouloir requérir de toutes les entreprises de votre groupement et de tous les employeurs du secteur privé de surseoir à l’application de ces dispositions nouvelles en attendant des précisions ultérieures sur leurs modalité d’application et de mise en œuvre ».

La suspension dont il s’agit ici concerne l’imposition globale des avantages en argent versé aux salariés au titre d’avantages en nature : logement, électricité, eau, véhicule, domestiques, nourriture.

Le rétropédalage du Minfi survient à la suite d’une conjonction de plaintes des entreprises et organisations du secteur privé. En effet, le 10 janvier dernier, les associations du secteur de l’industrie et les Chambres de commerce ont saisi Louis Paul Motaze pour se plaindre d’une « situation préoccupante » pour les salariés des entreprises du secteur formel, lourdement impactés au niveau de leur impôt sur le revenu des personnes physiques. « Ces nouvelles dispositions fiscales génèrent une augmentation très substantielle de l’imposition des salariés, et donc, corrélativement, une forte diminution de leurs revenus nets disponibles, après retenue à la source de l’IRPP et autres impôts, taxes et cotisations effectuées par leurs employeurs », écrivent les industriels.

Ils poursuivent : « lorsque les salariés bénéficient de la prise en charge par leurs entreprises de certains avantages, ceux-ci sont fiscalisés par application d’un taux appliqué aux salaires bruts. Les avantages en nature concernés étaient jusqu’à présent : le logement (15%), le véhicule (10%), la domesticité (5% par domestique), l’eau (2%) et l’électricité (4%) ». Les plaignants notent que la loi de finances 2024 a créé quatre nouveaux avantages en nature forfaitisés : téléphone : 5% ; carburant : 10% ; gardiennage : 5% ; internet : 5%. Pour le secteur des industries, ces taux surévalués par rapport à la charge réelle et aux salaires moyens des bénéficiaires, participeront d’une augmentation substantielle de la fiscalité sur les salaires.

Toujours pour les industries, cette hausse de la pression fiscale impacte une large majorité des salariés du secteur formel, et obère sensiblement leur pouvoir d’achat dans un contexte économique dégradé.

Cette inquiétude rejoint celle d’un responsable du secteur brassicole qui explique que ces nouveaux impôts tombent mal dans un contexte où les employeurs du secteur des industries subissent une inflation généralisée des coûts de production du fait de la hausse des matières premières, les coupures intempestives d’énergie. Malgré ces difficultés, les industriels sont interdits d’augmenter les prix afin d’atténuer les pertes.

Analyse

Pour le président de l’Association camerounaise pour la défense des droits des contribuables (ACDC), Mazou Mouliom, ces nouveaux impôts sont malvenus. « Les salariés sont pour la grande majorité dans la couche de la population la moins aisée car ayant des salaires misérables. C'est malheureusement la cible facile car, subissant des retenues à la source, il est plus facile de leur prélever efficacement les impôts. Les vraies niches fiscales existent dans notre pays mais trop de complaisance et de politiques politiciennes empêchent l'équité fiscale. Venir imposer ces avantages contribue à les plonger dans une extrême pauvreté car automatiquement, leur pouvoir d'achat deviendra de plus en plus faible ».

Pour le compte de l’exercice 2024, il est attendu au titre des impôts et taxes, des recettes un montant de 2 888,4 milliards de F CFA en hausse de 14,5% par rapport à l’objectif de l’exercice 2023 fixé à 2 523,4 milliards de F CFA. Cette augmentation tient compte de la reprise de l’activité économique et des mesures nouvelles.

Au cours de l’exercice 2024, la Direction Générale des Impôts prévoit une réalisation de recettes base caisse, c’est-à-dire susceptible d’alimenter les circuits du Trésor, d’un montant de 2 407,2 milliards de F CFA et un montant prévisionnel de recettes d’ordre de 481,2 milliards de F CFA.

A LIRE AUSSI :

  • Loi de finances 2024 : de nouveaux impôts en vue

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement EcoMembre pour y accéder.

Contactez le service client
La suite après cette publicité
ecomatin magazine n3

EcoMatin Magazine international est disponible
Pour lire ce numéro cliquez ici

  • Accueil
  • Politiques Publiques
  • Au Cameroun, le ministre des Finances suspend un impôt « controversé » sur les revenus des salariés
taxesdgiloi de FinancesArchive
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

Coton et graine de coton après cadrageAgro-industrieLe Tchad interdit l’exportation de graines de coton et de céréalesLe gouvernement veut sécuriser l’approvisionnement intérieur, alors que sa production d’huile de coton reste très inférieure aux besoins du pays.il y a 2 heuresEpremiumChristian YokaRPolitiques PubliquesCongo : les intérêts de la dette publique vont bondir de 46 % en 2027Brazzaville devrait consacrer près de 350 milliards de FCFA au paiement des intérêts de sa dette en 2027. Une facture alimentée notamment par les échéances d’anciens emprunts et le recours croissant au marché régional des titres publicsil y a 1 jourWhatsApp Image 2026-09-10 at 15.17.31Politiques PubliquesVie chère : le Tchad supprime les taxes à l’importation sur le riz, le maïs et plusieurs intrants agricolesLe gouvernement vient d’alléger la fiscalité applicable à une série de denrées, intrants et équipements indispensables à l’agriculture et à l’élevage.il y a 1 jourCapture d’écran 2026-06-25 à 09.25.48Politiques PubliquesGabon : l’État gèle les exonérations fiscales après 283 milliards FCFA de manque à gagnerLe gouvernement va parallèlement auditer les exonérations consenties depuis 2023, avant une révision des incitations prévues par la loi dans le budget 2027.il y a 1 jourCHAD-POLITICS-PARLIAMENT-FEATUREPolitiques PubliquesTchad : les recettes publiques bondissent de 32 % au premier trimestre 2026L’amélioration repose notamment sur les impôts et recettes douanières, en hausse de 28,7 %, ainsi que sur les revenus pétroliers, qui ont gagné 26,4 milliards de FCFA en un an.il y a 2 joursEpremiumBanguiPolitiques PubliquesRCA : les arriérés de dette grimpent à 173 milliards de FCFA à fin juinMalgré 20,5 milliards de FCFA consacrés au service de la dette au deuxième trimestre, les arriérés de la République centrafricaine ont augmenté de 4,65 % pour atteindre 172,91 milliards à fin juin 2026.il y a 3 jours

Articles similaires

SÉNAT GABONPolitiques PubliquesBudget 2027 : au Gabon, le Sénat réclame « des réponses concrètes » aux attentes des populationsÀ l’ouverture de la session parlementaire, la présidente du Sénat gabonais a appelé le gouvernement à faire du prochain budget un instrument de réponse aux urgences sociales, de l’emploi des jeunes à la santé, en passant par l’éducation et les infrastructures.​​il y a 1 semaine
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1Visas étudiants : la France annule ses nouvelles exigences financières au Camerounil y a 4 jours2Le Cameroun perd une première bataille judiciaire contre Trafigura dans le litige sur la qualité du carburantil y a 6 jours3Cameroun : comment un créancier de VOG a fini par prendre le contrôle du champ gazier de Logbabail y a 1 semaine4Cameroun : le Cabinet Atou met aux enchères l’immeuble litigieux de Djeuga Palace à Doualail y a 2 jours5Tchad : le nouveau Code du travail relève à 7 % l’indemnité de fin de CDDil y a 3 jours6Une société liée à Baba Danpullo entre au capital d’AGL Cameroun avec 31 575 actionsil y a 3 jours7Minerai de fer: un projet ferroviaire de 3 600 milliards FCFA annoncé entre la RCA et Kribiil y a 1 jour8Cameroun : Sodecoton ouvre un marché de 18,5 milliards FCFA pour le transport du cotonil y a 3 jours9Nigeria : Dangote vise environ 500 nairas(215 FCFA)/action pour l’IPO de sa raffinerie le 14 septembreil y a 6 jours10Le Cameroun exporte pour 29 milliards FCFA de pétrole brut vers le Nigeria en 3 moisil y a 3 jours
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.