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Jean Claude Ngbwa, le président de la Commission des Marchés Financier au chômage?

Dans le cadre de la fusion des marchés boursiers de la Cemac, c’est le Tchadien Nagoum Yamassoum qui va présider seul la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf) new-look.

La Commission des marchés financiers (CMF) basée à Douala a définitivement été absorbée par la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf) dont le siège est à Libreville, au Gabon. Ceci dans le cadre de la fusion du marché boursier de la sous-région Cemac. Les dernières nouvelles font état de ce que, qu’une partie du personnel de la CMF à Douala a été remerciée. Quelques cadres Camerounais seulement ont été retenus pour être incorporés dans l’équipe de la Cosumaf new-look, à Libreville.

Même le président de la CMF, Jean Claude Ngbwa, n’a pas été retenu dans la nouvelle configuration de la Cosumaf. C’est plutôt le Tchadien Nagoum Yamassoum, nommé lors de la conférence des Chefs d’Etat de N’Djamena le 31 octobre 2017, pour un mandat de 5 ans, qui va présider seul l’organisme en charge de la surveillance de la bourse sous régionale. Que s’est-il passé? Jean Claude Ngbwa a-t-il été limogé ?


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Une source qui a suivi le processus de fusion répond : « Ce n’est pas exactement cela. Le Président de la nouvelle Cosumaf (ancienne Cosumaf issue de la fusion des marchés d’Afrique Centrale) avait été nommé lors de la conférence des Chefs d’Etat de N’Djamena le 31 octobre. Pour un mandat de 5 ans. C’est une présidence tournante. Dans le schéma cible de la nouvelle Cosumaf, l’idée d’un poste de Vice-président ou de CEO qui reviendrait au Cameroun et qu’aurait pu occuper logiquement le Président de la CMF, ou alors que la CMF soit une antenne nationale de la nouvelle Cosumaf…cette idée n’a pas prospéré ».

ans le détail, il y a eu des émissions pour 180 milliards FCFA en 2016

Notre source regrette tout de même : « Le Président de la CMF a été nommé par décret présidentiel pour 5 ans. Il n’aura consommé que 3 ans à peine. Avec les résultats impressionnants que l’on sait. » Une autre source indique qu’en principe la CMF aurait dû s’en tirer avec des postes importants car, c’est le principal marché dans la zone Cemac. A preuve, entre 2016 et 2018 il y a eu des émissions obligataires pour un montant de 446 milliards FCFA. Dans le détail, il y a eu des émissions pour 180 milliards FCFA en 2016. Ces émissions étaient de 10 milliards FCFA en 2017. En 2018, se félicite la CMF, un montant final de 200 milliards FCFA a été levé auprès des épargnants à travers l’emprunt obligataire « ECMR 5,6% Net 2018-2023 ». «Cela démontre la vitalité et l’appétence des investisseurs du marché financier du Cameroun.», commente le régulateur.

C’est le 31 octobre 2017 que les Chefs d’État de la Cemac avaient décidé de l’unification des marchés financiers d’Afrique Centrale. L’acte additionnel y relatif à mandaté la Beac pour conduire la fusion (régulateurs, bourses, dépositaires centraux, banques de règlement) au plus tard le 30 juin 2019. Les régulateurs (CMF et Consumaf) seront les premiers à matérialiser leur fusion physique dès la fin de ce mois de février 2019. Le délai initial était le 30 novembre 2018.

Dans le cadre de la fusion des bourses de Libreville et de Douala, le président de la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale, Nagoum Yamassoum, et son homologue de la Commission des marchés financiers du Cameroun, Jean Claude Ngbwa, ont signé le 11 avril 2018, au Congo, une convention de coopération et d’échanges d’informations.

Ainsi, pendant la phase transitoire qui ne devra pas excéder la date du 30 juin 2019, la Cosumaf et la CMF s’obligent à se transmettre, recevoir ou échanger toutes les informations et la documentation jugées utiles à l’exercice de leurs missions respectives, en matière de délivrance de visas et d’agréments, de contrôle ou de surveillance des opérations et des entités assujetties.

La mainmise tchadienne dans le secteur financier

C’est une curiosité qui ne passe pas inaperçue. Le Tchad occupe en ce moment tous les postes décisifs qui concernent la finance. A commencer par la Cosumaf. Nouveau Président de la Cosumaf, Nagoum Yamassoum a été officiellement installé au poste de Président le 15 décembre 2017 à Libreville par le président en exercice du Comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (Umac), Calixte Nganongo.

La cérémonie d’installation a vu la participation de plusieurs autorités régionales, notamment, le ministre de l’Économie, de la Prospective et du Développement Durable du Gabon, le ministre des finances de la Guinée Equatoriale, le Secrétaire Général de la BEAC, le Président de la Commission CEMAC et son Vice-Président, le Maire de Libreville ainsi que plusieurs dirigeants d’institutions régionales et des Représentants des bailleurs de fonds multilatéraux.

Nommé le 31 octobre 2017 par la Conférence des Chefs d’Etat de la Cemac pour un mandat de cinq ans non renouvelable, le nouveau Président de la Cosumaf, de nationalité tchadienne, remplace l’Equato-guinéen Rafael Tung Nsue, dont le mandat de cinq ans est arrivé à son terme.


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Au niveau de la Banque centrale, c’est un autre Tchadien. Abbas Mahamat Tolli, et l’ensemble du gouvernement de cette institution bancaire ont été officiellement installés dans leurs fonctions, vendredi 31 mars 2017, à Yaoundé (Cameroun), siège de cette institution par le Président en exercice du Comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique Centrale, Calixte Nganongo, ministre congolais des Finances, du Budget et du portefeuille public.

Ancien président de la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (Bdeac), Abbas Mahamat Tolli, est revenu en 2017 à la Beac après y avoir séjourné de 2008 à 2010 comme secrétaire général. Ministre des Finances du Tchad à plusieurs reprises, il a également occupé le poste de secrétaire général de la Commission bancaire d’Afrique centrale (Cobac). Par ailleurs, le gouverneur actuel de la Beac est président statutaire de la Cobac.

En attendant : la Beac reste le dépositaire central

« Nous avons demandé une étude qui va se réaliser sous les auspices de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) et qui devra proposer aux dirigeants le mode d’organisation qu’on doit atteindre au terme de la période transitoire [30 juin 2019] », a expliqué M. Ngbwa. Toujours selon lui, la fusion entre la CMF et la Cosumaf pourrait donner naissance à une structure avec cinq départements, voire dix départements, tout dépendant des objectifs de croissance du marché financier régional. Au plan social, a ajouté Jean Claude Ngbwa, on verra les conséquences sociales de la suppression d’une structure (CMF) au profit d’une autre plus grande (Cosumaf).

Pour l’heure, la CMF indique qu’elle va vers l’intégration avec des actifs importants : trois actions (147,6 milliards FCFA) et cinq obligations d’un montant de 272,9 milliards FCFA. Soit un total de 420,585 milliards.

Pour l’heure, la CMF indique qu’elle va vers l’intégration avec des actifs importants : trois actions (147,6 milliards FCFA) et cinq obligations d’un montant de 272,9 milliards FCFA. Soit un total de 420,585 milliards. Au plus tard le 30 juin 2019, la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC) au Gabon et la Bourse de Douala (Cameroun) doivent procéder à leur fusion. Le siège de la Bourse régionale sera donc transféré de Libreville à Douala. Dans le sens inverse, le siège de la Commission des marchés de la sous-région Cemac sera à Libreville.

Durant cette période transitoire aussi, les la CMF et la Cosumaf ont exécuté des opérations conjointes de contrôle sur les deux sociétés de bourse. Actuellement, la banque centrale, qui pilote activement la fusion entre les deux marchés, est sur le point de sélectionner un cabinet qui définira de meilleurs contours pour cette opération. Mais l’un des points qui inquiètent les PSI camerounaises, est celui de la tarification. Avec le temps, la Commission des Marchés Financiers au Cameroun a beaucoup travaillé à redonner la confiance aux acteurs du marché et un des acquis de cette ouverture a été l’adoption des accords sur les tarifs d’émission et de prestations de services.

Or, le dernier alinéa à l’article 4 de l’accord de coopération fait savoir, que toutes les structures engagées dans les activités d’intermédiation sur les marchés financiers d’Afrique Centrale, seront soumises aux conditions d’enregistrement et d’opérations applicables au niveau de la sous-région.

Pour des PSI camerounais, cette disposition prête à confusion, car une interprétation stricto-sensus supposera que la rationalisation des tarifs d’enregistrement et d’émission trouvée avec la CMF sur fond de longues discussions, risque d’être compromise, d’autant que les tarifs pratiqués par la COSUMAF n’ont pas beaucoup évolué et sont jugés peu compétitifs.

La Rédaction EcoMatin

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