Le président camerounais Paul Biya, n’a pas dérogé au collectif budgétaire cette année. Dans une ordonnance signée le 20 juin dernier, le chef de l’État a réalisé quelques ajustements du budget de l’exercice 2024 voté en décembre 2023 par le parlement. Le nouveau texte prévoit entres autres de faire passer le budget de l’État de 6 740,1 milliards de Fcfa à 7 278,1 milliards de Fcfa, soit une augmentation de 8%.
Pour financer cet ajustement, l’exécutif va majoritairement recourir à la dette. Le budget rectificatif habilite le gouvernement à « mobiliser sur les marchés bancaires extérieurs » le montant de 467 milliards de Fcfa. Cette ligne de crédit n’existait pas dans la loi de finance initiale. Ainsi, en lieu et place d’eurobonds comme ce fut le cas en 2015 et 2022, le Trésor public devra amorcer des discussions avec des banques étrangères et autres institutions financières. C’était déjà le cas en 2023 où Yaoundé, toujours à la faveur d’un collectif budgétaire, était difficilement parvenu à mobiliser 200 milliards de Fcfa auprès d’Afreximbank.
Le choix des institutions financières étrangères peut s’expliquer par le durcissement des conditions sur le marché local et sous-régional. En difficulté sur le marché des titres publics, le Cameroun tarde encore à émettre son emprunt obligataire sur le marché financier, en raison d’une nette réticence des investisseurs observée sur les opérations réalisés par d’autres émetteurs (Gabon et Bdeac) depuis le début de l’année.
Les ressources ainsi collectées à l’international seront destinés au service de la dette qui est projetée à 2 168,3 milliards de Fcfa cette année, en hausse de 480 milliards de Fcfa par rapport au texte initial. Cette augmentation intègre le plan d’apurement des arriérés intérieurs que le pays vient d’adopter et qui constituait l’un des préalables à un décaissement du FMI dans le cadre du programme en cours. L’autre poste de dépenses qui devrait augmenter, c’est celui des transferts sociaux qui est en hausse de 123 milliards de Fcfa ainsi que les dépenses de personnels en hausse de 59 milliards de Fcfa. Cela peut s’expliquer par la mise en place des mesures d’accompagnement consécutives à la hausse des prix du carburant opérée en février 2024.
Autre source extérieure de financement sur lesquelles mises le Cameroun, ce sont les emprunts auprès des partenaires multilatéraux qui passent de 156 milliards de Fcfa dans la loi de finance initiale à 400 milliards de Fcfa dans le texte modifié. Yaoundé projette 101 milliards de Fcfa en plus dans le cadre du programme économique et financier avec le FMI, un appui budgétaire de 36 milliards de Fcfa de la Banque Mondiale et 48 milliards de Fcfa de la Banque africaine de développement.








