Après la survenue de l’incendie à la Société nationale de raffinage (Sonara) à fin mai 2019, le gouvernement camerounais a décidé depuis mars 2020, de prélever 47,88 FCFA par litre de carburant vendu à la pompe, pour apurer la dette de cette entreprise publique et soutenir sa réhabilitation. Face aux députés le 28 novembre dernier, le ministre de l’Eau et de l’Energie (Minee), Gaston Eloundou Essomba a fait savoir que ce mécanisme a généré près de 500 milliards FCFA en 5 ans. « S’agissant de la ligne de soutien à la raffinerie 47,88 FCFA par litre, inscrite dans la structure des produits pétroliers, un montant d’environ 479 milliards FCFA a déjà été reversé au 31 octobre 2025 dans les comptes de la BEAC (Banque des Etats de l’Afrique centrale) », a-t-il déclaré.
En effet, après l’incendie, la Sonara cumulait une dette colossale envers ses traders et des fournisseurs de pétrole brut et raffiné d'environ 600 milliards FCFA. L’Etat a donc lancé en 2021, le processus de restructuration des dettes. La dette bancaire de la Sonara s’élevait à 284 milliards FCFA contre 312 milliards FCFA de dette fournisseur. Ainsi, en octobre de la même année, l’Etat avait conclu avec un pool de 09 banques, une convention de 261,4 milliards FCFA. Pour ce qui est de la dette vis-à-vis des traders, un premier accord de remboursement a été paraphé en septembre 2022 avec le suisse Vitol pour le rééchelonnement de 185 milliards FCFA. Le second avec Pstv Dmcc basé à Dubaï, pour 8,5 milliards FCFA. Les entreprises Trafigura, Mercuria Energy Trading, Petra Energy et Addax Energy, se sont également livré au même exercice.
Il convient de souligner que la réhabilitation de la Sonara reste attendue six après. En février dernier, l’entreprise française AXENS a été sélectionnée pour réaliser les études de faisabilité du projet pour une durée de 42 semaines. Gaston Eloundou Essomba précise que ladite étude vise à sélectionner la configuration finale de la raffinerie et estimer le coût d’investissement. Cependant, le membre du gouvernement souligne qu’une évaluation préliminaire des installations sinistrées réalisée par Ekiun Ltd a conclu que « 75 des équipements sont récupérables et réutilisables ».
Un plan de 300 milliards FCFA
Du reste, un plan conçu sur trois axes a été élaboré par les soins du gouvernement : recapitalisation de l’entreprise et recherche d’un partenaire pour le financement, réhabilitation de l’outil de production et mise en œuvre d’un plan d’organisation et de mise à niveau des compétences. « Le financement dudit plan est estimé à 300 milliards FCFA avec pour garantie, le nantissement de deux lignes de la structure des prix des produits pétroliers ("soutien à la raffinerie") et "modernisation des infrastructures", le tout encadré par une convention tripartite (Sonara/Minfi/partenaire financier) », révèle le Minee.
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Rappelons qu’en juin dernier, trois banques internationales ont manifesté au top management de la Sonara, l’intention de financer sa relance. Il s’agit de l’Union de Banques Arabes et Françaises (UBAF), le groupe bancaire néerlandais ING et Mauritius Commercial Bank (MCB). La China National Chemical Engineering Company (CNCEC) a également présenté son expertise en ingénierie industrielle, qu’elle souhaite mettre à profit pour renforcer la compétitivité de la Sonara. Selon la Caisse autonome d’amortissement (CAA), la dette intérieure de la Sonara était évaluée à 205,5 milliards FCFA à fin septembre 2025 dont 176,7 milliards FCFA de dette bancaire et 28,8 milliards FCFA de dette fournisseur. A la même période, la dette de l’unique raffinerie du pays est ressortie à 368,7 milliards FCFA, soit un total de 573,5 milliards FCFA.
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