Au Cameroun, le projet de réhabilitation des sites miniers abandonnés dans la région de l'Est, issu d’un accord signé en mars 2023 entre la Société nationale des mines (Sonamines) et la société Moonlight Mining and Restoration (MMR), connaît son premier report officiel. Initialement prévu pour le second semestre de 2023, le démarrage effectif des travaux est désormais repoussé à la fin de l’année 2025. « Nous sommes actuellement en phase de préparation opérationnelle. Le projet sera lancé d’ici la fin de cette année », a déclaré Roland Fomundam, Directeur général de MMR, dans une interview accordée ce mercredi à Cameroon Business Today.
Si le déploiement est désormais annoncé pour la fin de l’année en cours, la date de démarrage effective, les contours financiers et les goulots d’étranglement ayant causé ce retard prolongé demeurent en grande partie non dévoilés. L'ambition de ce projet est d'y développer des activités agricoles propices à la création de bassins de production de grande envergure. L’hebdomadaire économique gouvernemental CBT précise par ailleurs que la localité de Longa Mali, dans l'arrondissement de Bétaré-Oya, a été choisie comme site pilote.
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Cette opération, hypothéquée depuis plus de deux ans par l’absence de moyens financiers, selon la Société nationale des mines (Sonamines), est cruciale face à l'aggravation du phénomène. En effet, le paysage de la région de l'Est se défigure à grande vitesse par des milliers de trous miniers abandonnés qui, avec l'accumulation des pluies, se transforment en lacs artificiels. C'est précisément pour faire face à cette situation désastreuse et assurer la réhabilitation de ces sites que le Code minier de 2023 a prévu un fonds de réhabilitation constitué par le versement d'une caution par les opérateurs à hauteur de trois millions de FCFA par hectare.
Il faut noter que l'inaction persistante en matière de réhabilitation de ces sites engendre des conséquences multiples. Une étude de l'ONG FODER, datant de 2025, révèle que la superficie exploitée a bondi de 82 hectares en 2010 à plus de 4 639 hectares en 2024 dans les arrondissements de Batouri, Kentzou et Ketté, soit une hausse vertigineuse de plus de 5 490%. Malgré l'obligation, les exploitants ne procèdent pas à la restauration post-exploitation. Pour la seule réhabilitation des 4 639 hectares identifiés, calculette en main, le coût estimé s'élève désormais à 13,917 milliards FCFA.
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