Le gouvernement camerounais et la Banque africaine de développement ont signé des accords de prêt d’une valeur totale de 136 millions d’euros, environ 89,2 milliards FCFA, pour financer un programme gouvernemental axé sur les compétences et l’entrepreneuriat dans la région de l’Extrême-Nord. Le communiqué de l’institution financière, publié ce 30 septembre, renseigne que les financements accordés sont constitués de 130,2 millions d’euros issus du guichet de la Banque et 5,8 millions d’euros du Fonds africain de développement, guichet de financement à taux concessionnel du groupe de la banque.
Ledit programme, intitulé « Bâtir les capacités et les compétences pour l’employabilité et l’entrepreneuriat dans la région de l’Extrême-Nord » (CAP2E), ambitionne de qualifier et d’insérer 6 000 jeunes en formation technique et professionnelle et de créer près de 5 000 emplois, dont 40 % occupés par des femmes. « Il vise à investir dans le capital humain, à renforcer les compétences des populations locales et à créer des opportunités d’emplois dans les secteurs porteurs tels que l’agriculture et les énergies renouvelables », a déclaré Alamine Ousmane Mey, ministre de l’Economie, signant pour la partie Cameroun.
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Pour le membre du gouvernement, ces ressources sont une aubaine pour la région confrontée à un taux de pauvreté particulièrement élevé, à de fortes pressions démographiques, aux effets du changement climatique et aux défis sécuritaires. En effet, selon les données de l’Institut national de la statistique (INS 2022), l’Extrême-Nord enregistre le taux de précarité le plus élevé du pays (69,2%) juste avant le Nord-Ouest (66,8%) et le Nord (61,1%). L’institut soutient que ces taux sont favorisés par la faiblesse de la croissance économique [qui peine à franchir 4% contre une cible de 8% à l’horizon 2030 dans le cadre de la SND30, Ndlr] et l’insuffisance de la création des emplois combinée à une croissance démographique rapide. Une situation qui tend à s’enliser selon les prévisions de la Banque mondiale qui projette que le nombre de camerounais vivant en dessous du seuil de pauvreté at teindrait plus de 7 millions d’ici 2027, soit 23% de la population totale.
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A noter que, le CAP2E, approuvé en mai dernier, sera mis en œuvre sur cinq ans selon le principe du financement axé sur les résultats encore appelé PforR (prêt-programme pour les résultats). Dans l’ensemble, les objectifs poursuivis sont la construction et/ou la réhabilitation de 22 établissements de formation professionnelle et 29 infrastructures sociales de base, ainsi que la mise en place de mécanismes financiers pour soutenir plus de 500 PMEs et près de 900 porteurs de projets. Le programme devrait également intégrer des solutions d’énergie renouvelable, un accès renforcé aux services de santé et d’éducation. « En contribuant à la résilience socio-économique et climatique de la région, grâce au renforcement des infrastructures, développement de l’entrepreneuriat et de l’employabilité dans le secteur privé, notamment dans l’industrie et d’autres créneaux porteurs, avec un appui transversal au secteur de l’énergie solaire, (…) ce programme participe à orienter durablement le pays vers davantage de prospérité et d’inclusion », a exprimé Léandre Bassolé, directeur général de la Banque pour l’Afrique centrale.










