La Mission d’aménagement et de gestion des zones industrielles (MAGZI) estime à 1 125,1 milliards FCFA les financements nécessaires pour réhabiliter les zones industrielles existantes et en créer de nouvelles au Cameroun. Ce besoin ressort du rapport de l’atelier de restitution et de plaidoyer stratégique organisé avec l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI) les 11, 15 et 16 juin 2026. Les travaux, consacrés à l’attractivité et à la compétitivité des zones industrielles, se sont notamment appuyés sur une enquête menée entre novembre 2025 et février 2026 auprès de 182 entreprises installées dans neuf zones.
Bras séculier de l’État chargé principalement de l’aménagement et de la gestion des zones industrielles, la MAGZI veut consacrer l’essentiel de cette enveloppe à l’extension de son réseau. Sur les 1 125,1 milliards de FCFA, 1 074 milliards, soit plus de 95 %, sont destinés à la création de 14 nouvelles zones industrielles sur 6 182 hectares. Quelque 51 milliards de FCFA doivent servir à réhabiliter neuf zones existantes et opérationnelles couvrant 1 169 hectares.
Ce programme traduit surtout l’ampleur du retard accumulé dans l’aménagement des espaces industriels. Les zones existantes souffrent, selon le diagnostic MAGZI-ONUDI, de déficits dans l’approvisionnement en énergie et en eau industrielle, mais aussi de problèmes de voirie, d’assainissement, de gestion des déchets, de sécurité et de connexion internet. À ces difficultés s’ajoute la question foncière. Une partie des 2 277 hectares constituant le patrimoine de la MAGZI reste insuffisamment sécurisée juridiquement, une situation que le rapport présente comme un frein à l’arrivée d’investisseurs et aux montages en partenariat public-privé.
Ces contraintes contrastent avec le poids économique des entreprises installées dans ces espaces. Les 11 zones industrielles administrées par la MAGZI accueillent environ 405 entreprises et plus de 20 000 emplois. En 2023, ces entreprises ont généré 4 622 milliards de FCFA de chiffre d’affaires et 1 383 milliards de FCFA de valeur ajoutée, selon les données administratives reprises dans le rapport. Leur production représenterait 3,14 % de la production nationale et aurait contribué à hauteur de 0,4 point à la croissance économique cette année-là.
Le principal défi reste toutefois de trouver les ressources nécessaires à cette transformation. Face aux 1 125 milliards de FCFA aujourd’hui jugés nécessaires, la MAGZI affirme n’avoir reçu qu’environ 20 milliards de FCFA de financements publics en près de 50 ans, tandis que son chiffre d’affaires annuel moyen n’a atteint que 2,6 milliards de FCFA entre 2020 et 2025. Pour réduire cette dépendance aux ressources budgétaires, la MAGZI défend la création d’un Fonds national de développement des zones industrielles (FONDZI), destiné à mobiliser durablement des ressources pour financer les infrastructures. La piste des partenariats public-privé est également privilégiée. La Caisse des dépôts et consignations (CDEC) s’est dite disposée à accompagner la mobilisation des financements, tandis que la Banque islamique de développement a proposé un appui à la maturation des projets. Afreximbank s’est, de son côté, déclarée prête à accompagner les projets de la MAGZI, à condition que le gouvernement mette en place un mécanisme de coordination institutionnelle.
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L’un des projets appelés à matérialiser cette nouvelle stratégie est le parc industriel bois de Bertoua. Prévu sur un site de 904 hectares, il nécessiterait environ 430 milliards de FCFA d’investissements. La Banque mondiale s’est déjà engagée à hauteur de 12,9 milliards de FCFA, selon le rapport. Le projet doit notamment soutenir la transformation locale du bois, l’une des filières retenues par le Cameroun dans sa stratégie d’industrialisation.








