Dans un récent rapport, le ministère camerounais de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat) déclare un taux de desserte en énergie électrique de 48% en 2023 en amélioration de 4% en glissement annuel. En 2020, ce chiffre se situait à 41%.
A l’observation, les performances restent en deçà de la moyenne. Une situation qui pourrait s’expliquer par la faible capacité de production et de transport de l’électricité par rapport aux objectifs escomptés et surtout, aux besoins sur le terrain. Le rapport du Minepat fait état d’une capacité de production installée de 1 700 MW en 2023 venant de 1 616 MW en 2022. Ce résultat est attribué au développement de l’hydroélectricité, des énergies renouvelables, des énergies thermiques et de l’énergie biomasse. Les données demeurent des 5 000 MW projetés en 2030 dans le cadre de la Stratégie nationale de développement (SND 30) du Cameroun.
En attendant, le plan d’urgence (2023-2026) du secteur de l’électricité dont l’objectif est « l’amélioration des capacités de transit, à la construction de nouveaux postes et lignes de transport pour alimenter les industries », selon le ministre de l’Eau et de l’Energie, la capacité de transport reste à l’image de la capacité de production. En 2023, le gouvernement revendique une capacité de transit de 1 500 MW contre 1 369 MW en 2022 soit une progression de 131 MW en un an. « La quantité d’énergie disponible pour la consommation finale a évolué de 1 398 168 Tep en 2020 à 1 800 000 Tep en 2023, soit une augmentation en moyenne annuelle de 8,79 % au cours de la période », renchérit le rapport.
Malgré la capacité de production et de transport encore insuffisante, 73% des ménages et des opérateurs économiques ont eu accès à l'énergie l’an dernier comparés 72,3% un an plus tôt, apprend-on. Entretemps, les coupures d’électricité observées le long de l’année dernière n’ont pas cessé. Après le lancement des 60 premiers mégawatts, les pouvoirs publics parient sur la mise en service définitive « au plus tard décembre 2024» du barrage de Nachtigal (420 MW) afin de réduire considérablement les délestages.



