« Les leviers de compétitivité en Afrique centrale ». C’est le thème de la deuxième édition de l’Economie Business Summit organisée par l'Economie Media Group ce 6 juin 2024 à Yaoundé. Elle s'est déroulée dans un contexte où le gouvernement camerounais vient de lancer son plan triennal d’import-substitution avec pour ambition de réduire les importations qui grèvent la balance commerciale du pays (-2 004 milliards de Fcfa en 2023 selon l’INS, Ndlr).
Thierry Ekouti, le Directeur de la publication du quotidien l’Economie et promoteur de l'événement, rappelle qu’il s’agit d’une plateforme dont l’objectif est de proposer des solutions aux difficultés que rencontre l’Afrique centrale sur le marché international. Pour se faire comprendre, le thème a été subdivisé en trois centres d’intérêt. Le premier, axé sur les raisons de la faible compétitivité des économies autour du panel « compétitivité économique verte et industrielle ». Pour Raoul Keddy, Founder & Managing Director de l’entreprise technologique Keditech LLC and Raked Intl LCC, les difficultés résident sur l’obtention des permis, des licences, des lourdeurs administratives, l’inadéquation entre formation et emploi.
De nombreux défis
Ces acteurs de l’économie ont proposé maintes solutions parmi lesquelles, le développement des partenariats public-privé (PPP), des réflexions stratégiques, la création des centres de formation, mettre un accent sur la maîtrise du marché, la maîtrise de transformation et de la production. « Il nous manque une seule chose au Cameroun, une banque de développement. Partout ailleurs, on parle d’industrie, mais il y a une banque qui accompagne le développement. Cette banque viendrait avoir une vision de tout ce que le politique met sur pied », a proposé Pierre Okala, Chief Executive Officer chez Lusis & Co. Du reste, deux autres panels ont également meublé la 2ème édition de l’Economie Business Summit. Il s’agit de la compétitivité énergétique et transport où Zacaria Sidick, CEO de CMB Group Motors et les panélistes ont débattu sur des politiques, les financements et les technologies visant à accroitre la production énergétique. Pour ce qui est de la dernière articulation, elle a été centrée sur la compétitivité financière et l’investissement. Les intervenants ont élaboré les facteurs capables de booster la compétitivité du système de financement et d’investissement des secteurs porteurs qui réduisent les coûts de crédits et de transactions.
Au finish, pour Thierry Ekouti, la compétitivité de l’Afrique centrale peut décoller grâce à deux secteurs. « L’un des goulots d’étranglement serait la transformation des chaînes de valeur. De fait, il faut qu’elle soit maitrisée par nos économies et ceci va induire une deuxième chose : à partir du moment où nous pouvons transformer, nous consommons ce que nous pouvons produire… La balance de paiement est déficitaire dans la majorité des pays de la sous-région. Voilà des choses qui font véritablement qu’on ne puisse pas être compétitifs. Ensuite, je pense que le monde va tellement vite que la région devrait se concentrer sur deux ou trois secteurs clés sur lesquels on pourrait mettre des avantages comparatifs. Je fais allusion à l’agriculture et la transformation du bois », a-t-il confié à la presse.








