Au Cameroun, le secteur des transports attire des convoitises à l'aube de la période électorale 2025. Le 30 janvier dernier à Yaoundé, une importante délégation d'Etihad Rail Company, la compagnie ferroviaire émiratie, est venue évaluer l'état actuel du secteur ferroviaire camerounais, en vue d'un développement probable du réseau et d'une connexion avec les pays voisins. Les opportunités d'investissement, la coopération et le partage d'expérience ont également été au centre des discussions. Ces émissaires, qui marquent ainsi les premiers pas de cette entreprise dans le pays, ont été reçus en audience par Jean Ernest Ngallé Bibehe, le ministre camerounais des Transports. Cette visite intervient quelques jours seulement après la signature d’accord de coopération aérienne entre le Cameroun et le Qatar.
Selon des sources proches du dossier, la délégation d'Etihad Rail, conduite par Tariq Al Falahi, directeur général des Affaires étrangères de la société, et Saqqaf Alattas, directeur des projets Internationaux, a reçu une présentation détaillée de six projets de construction de chemins de fer. Il s’agit notamment de quatre grands projets à court terme à savoir : Edea-Kribi-Campo (environ 184 km) d’un coût estimé à 744 milliards de Fcfa et dont les études de faisabilité et conception préliminaires sont achevées. Le projet Douala-Ngaoundéré (environ 935 km), d’un coût estimé à 6 800 milliards de Fcfa ; Douala-Limbe-Idenau (105 km) d’un coût d'environ 737 milliards de Fcfa (études de faisabilité et conception préliminaire achevées) et Mbalam-Kribi (environ 540 km) d’un coût estimé à 5 500 milliards de Fcfa.
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Un projet à moyen terme a également été évoqué. Il s’agit du projet de construction de ligne de chemin de fer Ngaoundéré-N’Djamena (plus de 814 km), d’un coût estimé à 5 000 milliards de Fcfa. Les études de faisabilité et conception préliminaires de ce dernier sont en cours. Globalement, le coût total de ces projets est estimé à 18 781 milliards de Fcfa. « S'intéressant à ces projets, tant la délégation de la compagnie ferroviaire Etihad que le ministre Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe, ont été unanimes pour qu'un protocole d'accord soit établi afin de lancer officiellement la coopération. », confirme le ministère camerounais des Transports.
Les défis à relever
Il est important de noter que ces projets n'en sont qu'à leurs débuts. D’autres études devraient être menées et des accords financiers devront être conclus avant d’éventuels démarrages des travaux. Cependant, l'intérêt manifesté par Etihad Rail est un signe encourageant pour l'avenir du transport ferroviaire au Cameroun. Le géant émirati fondé en 2009 avec un capital de 1 000 000 000 de Dirham des Émirats Arabes Unis (DEA), soit 171,7 milliards de Fcfa (environ 262,3 millions d’euros), est le développeur et l’exploitant ferroviaire national des Émirats arabes unis. L’entreprise construit, selon les normes internationales, le réseau ferroviaire des Émirats arabes unis qui relie les principaux centres de commerce, d’industrie, de fabrication, de production, de logistique, de population et tous les principaux points d’importation et d’exportation des Émirats arabes unis, et fait partie intégrante du réseau ferroviaire du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Son réseau couvre les principaux ports des Émirats arabes unis, les centres industriels et les sept émirats. Etihad Rail est la première compagnie mondiale à avoir lancé les premiers certificats d’évitement et de réduction des émissions de carbone.
Enjeux et perspectives
L'arrivée d'Etihad Rail au Cameroun pourrait avoir un impact significatif sur le développement du pays. Un réseau ferroviaire moderne et efficace faciliterait le transport des personnes et des marchandises, réduisant ainsi les coûts et les délais. Cela stimulerait le commerce, l'investissement et le tourisme, contribuant ainsi à la croissance économique du pays.



