Pamol Plantations Plc, entreprise agricole publique spécialisée dans la production d'huile de palme et de caoutchouc au Cameroun, a clôturé l'exercice 2025 avec une perte de 519,4 millions de FCFA, selon ses états financiers officiels. Bien que le résultat demeure déficitaire, il s'améliore de 3,3 milliards de FCFA par rapport à la lourde perte de 3,8 milliards enregistrée en 2024. Il s'agit d'ailleurs du meilleur résultat affiché par l'entreprise au cours des sept dernières années. Implantée dans la région du Sud-Ouest, Pamol avait successivement accumulé des pertes de 902 millions FCFA en 2019, 1,2 milliard de FCFA en 2020, 786,7 millions en 2021, 753,7 millions en 2022 et 756,9 millions en 2023.
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À la lecture des comptes, cette amélioration ne provient toutefois pas d'un redressement de l'activité agricole. Elle est principalement portée par les revenus hors activités ordinaires, en particulier les « revenus relatifs à la restructuration » (revenus non opérationnels et subventions d'investissement remboursables). Ce poste a bondi à 3,2 milliards de FCFA en 2025, contre seulement 35,7 millions un an plus tôt. Dans le même temps, les charges exceptionnelles ont fortement reculé. Les autres dépenses hors activités ordinaires, essentiellement liées aux opérations de restructuration, sont passées de 675,8 millions de FCFA en 2024 à zéro en 2025. En revanche, l'activité commerciale est restée quasi stable, les ventes de produits manufacturés s'établissant à 2,5 milliards de FCFA, un niveau comparable à celui de l'exercice précédent.
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Troisième producteur d'huile de palme du Cameroun derrière la Société camerounaise de palmeraies (Socapalm) et la Cameroon Development Corporation (CDC), Pamol est née en 1996 de la liquidation des plantations d'Unilever. Dotée d'un capital social de 5,9 milliards de FCFA, l'entreprise est détenue à 94,64 % par l'État du Cameroun. Le reste du capital est réparti entre plusieurs actionnaires publics et privés, notamment la CNPS, la Société de recouvrement des créances (SRC), la CDC, Safacam et Socapalm.
Exploitant trois grands domaines à Lobe, Ndian et Bai, dans la région du Sud-Ouest, Pamol subit de plein fouet les conséquences de la crise sécuritaire dans les régions anglophones depuis son déclenchement en 2016.
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Ce conflit a notamment compromis le vaste programme d'investissements lancé en 2015, qui prévoyait l'acquisition d'une huilerie d'une capacité de 30 tonnes par heure, la construction d'une savonnerie ainsi que l'extension de 500 hectares de plantations dans la presqu'île de Bakassi. Le retard pris dans la mise en œuvre de ces projets continue de peser sur les performances de cette entreprise publique. Dans un rapport publié en 2022, la Commission technique de réhabilitation des entreprises du secteur public et parapublic (CTR) rappelait d'ailleurs que le redressement durable de Pamol restait étroitement lié à une amélioration de la situation sécuritaire, condition indispensable au retour de la main-d'œuvre et à la relance de la production dans les plantations comme dans les usines.
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