Au Cameroun, la vente illicite des produits pharmaceutiques devient un fléau de plus en plus préoccupant. Selon le gouvernement, la valeur cumulée de stock saisis depuis 2020 a atteint 8,6 milliards FCFA, dont 369,8 millions FCFA au 1er semestre 2025. Ces résultats ont été révélés le 13 novembre dernier par le ministre de la santé publique, Manaouda Malachie lors d’un point de presse à Yaoundé, à l’occasion de la journée africaine de lutte contre les faux médicaments.
Les opérations de saisie des médicaments ont eu lieu à travers le pays d’après le Minsanté. « Le déploiement des missions de contrôle régulières a permis de mettre en demeure plusieurs structures et de fermer d’autres pour manquements graves. 55 sites internet dédiés à la vente illicite des produits pharmaceutiques en ligne ont été fermés par le bureau central national, avec la collaboration de l’agence nationale des technologies de l’information et de la communication, 69 affaires sont enregistrées en justice, avec 36 décisions rendues », renseigne le ministre.
Par ailleurs les actions du gouvernement dans cette lutte contre les faux médicaments ont permis d’éviter l’infiltration dans les structures du Système National d'Approvisionnement en Médicaments Essentiels (Syname), soit environ 80 lots de médicaments contrefaits depuis 2023. On note également que le contrôle à l’importation a permis de détecter plusieurs conteneurs de produits pharmaceutiques non conformes aux quantités déclarées.
Pour Manaouda Malachie, « la circulation des médicaments est une menace réelle. Ce danger est présent dans tous les marchés, les quartiers, les rues et toutes les plateformes. Les médicaments infiltrent les circuits formels lorsque la vigilance se relâche ».
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les faux médicaments sont responsables de près de 267 000 décès par an en Afrique dus aux médicaments antipaludiques falsifiés, plus de 100 000 décès par an liés aux antibiotiques de qualité inférieure ou falsifiée, de centaines milliers de décès supplémentaires liés à d’autres types de médicaments falsifiés ou de qualité inférieure.
Pour faire face à ce fléau préoccupant, le Cameroun envisage intensifier des actions pour garantir la sécurité et l’autonomie de l’approvisionnement national. Un audit de fabrication des sites de fabrication des produits pharmaceutiques est désormais effectif et systématique pour éviter des surprises. Le gouvernement entend également intensifier sa coopération avec les agences internationales et les autorités frontalières pour lutter contre le commerce illicite des médicaments, qui menace le développement de l’industrie pharmaceutique locale.








