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Cameroun : vers une baisse des prix du carburant à la pompe en 2025 ?

Outre le calendrier politique, la perspective d’un effondrement plus prononcé des cours du pétrole à l’international fait espérer un réajustement à la baisse des produits pétroliers, qui ont connu une hausse de 40% dans le pays en un an.

Publiée dimanche 15 septembre 2024 à 17:55:01Modifiée dimanche 15 septembre 2024 à 17:55:03Temps de lecture 4 minPar Jean Omer Eyango

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Une station de vente de carburant

Les cours du pétrole sont restés sur une tendance baissière à l’international depuis mars 2023. Le baril du Brent a baissé de 4% mardi dernier, passant sous les 70 dollars le baril pour la première fois depuis décembre 2021. Le brut Brent de référence internationale, lui, s'est échangé à 68,95 dollars le baril, avec une baisse de 4% par rapport au cours de clôture de la veille qui avait fini la journée à 71,84 dollars. Le brut américain de référence West Texas Intermediate (WTI) a, pour sa part, dégringolé de 4,5% à 65,58 dollars le baril, soit son seuil le plus bas depuis mai 2023, après avoir clôturé les échanges du lundi à 68,71 dollars. Les données indiquant un ralentissement de l'activité économique aux États-Unis et en Chine, principaux pays consommateurs de pétrole au monde, ont alimenté les inquiétudes du marché concernant la demande pétrolière et contribué à la baisse des prix du baril. La tendance baissière des cours du baril a aussi été influencée par la révision des prévisions de l'OPEP sur la croissance de la demande mondiale de pétrole pour cette année. Le groupe des pays producteurs de brut a revu ses prévisions à la baisse avec 80.000 barils par jour, par rapport aux estimations du mois d’août.

Lire aussi : Cameroun : l’Etat réduit à 640 milliards les subventions des produits pétroliers en 2023 et envisage une nouvelle augmentation des prix

Les analystes de Citi, l’une des plus grandes institutions financières au monde, estiment que les cours du pétrole devraient enregistrer une chute significative d’ici 2025 avec un baril de Brent sous les 60 dollars, soit une diminution de plus de 20% par rapport aux prévisions actuelles. Cette perspective d’un effondrement plus prononcé du brut est un scénario catastrophe pour les pays producteurs au regard du poids du pétrole dans leurs budgets, mais elle fait espérer un réajustement à la baisse des prix des carburants à la pompe, notamment au Cameroun où l’Etat ne subventionne pratiquement plus le carburant. « Les importations du carburant ont été libéralisées, c'est-à-dire que le prix du carburant à la pompe se fixe sur le principe de l'offre et de la demande qui dépend directement des cours du pétrole brut à l'international. Le consommateur camerounais qui croule sous le poids de la vie chère est naturellement en droits de s'attendre à une baisse du prix du carburant à la pompe d'ici début 2025 », estime Youmssi Bareja, expert en mines et pétrole et universitaire.

Pour des raisons d’équilibre budgétaire, le gouvernement camerounais a, en effet, réduit considérablement l’enveloppe des subventions des produits pétroliers à la pompe. En conséquence, les prix des carburants avaient connu un premier réajustement de 15% début 2023, puis un deuxième de 25% en janvier 2024, portant ainsi la hausse de ces produits à 40% en un an. Si ces mesures ont permis d’oxygéner le trésor public qui a ainsi réalisé des économies de l’ordre de 700 milliards Fcfa pour la seule année 2023, les effets sur l’inflation qui était déjà au-dessus de la norme sous-régionale de 3% ont été catastrophiques. Le pays a terminé l’année sur un taux d’inflation de 7,4%. « Ce sont surtout les prix des produits alimentaires et les coûts des transports qui ont contribué à cette flambée inflationniste. Sur les trois dernières années 2021 à 2023, l’inflation cumulée a atteint 16,7% ; résultant d’une forte augmentation des prix à la consommation en 2022 et 2023, après plus d’une décennie de stabilité entre 2009 et 2021, au cours de laquelle le taux d’inflation n’avait pas dépassé 3% », expliquait l’Institut national de la statistique (INS), dans une note de conjoncture publiée en février dernier.

Lire aussi : Cameroun : le gouvernement entérine une nouvelle hausse de 15% sur les prix du carburant

Sauf nouvelle dégradation de la conjoncture, les arguments économiques plaident en tout cas en faveur d’une révision à la baisse des prix des produits pétroliers. Le calendrier politique devrait en principe jouer en faveur d’une telle mesure qui viserait principalement à restaurer le pouvoir d’achat des ménages dans un pays qui compte officiellement 10 millions de pauvres. « Au regard des enjeux politiques de 2025 [l’élection présidentielle au Cameroun est prévue l’an prochain, NDLR], le chef de l'Etat devrait poser des actes de séduction et la baisse des prix du carburant à la pompe pourrait être l'annonce phare de son discours de fin d'année à la nation. Cette baisse devrait varier de 50 Fcfa à 100 Fcfa par litre », analyse Youmssi Bareja.

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