Le groupe audiovisuel français Canal+ a officiellement notifié à la Commission de la CEMAC son projet de rachat de 100% des actions ordinaires de MultiChoice Group Limited, leader sud-africain de la télévision payante. Cette opération, enregistrée le 10 mars 2025, constitue une concentration économique de dimension communautaire, soumise à l’approbation préalable de l’organe de régulation de la concurrence de la CEMAC, conformément au règlement n°06/19 du 7 avril 2019. Un appel à observations a à cet effet été lancé le 7 mai pour recueillir les avis des parties prenantes, signe que le processus entre dans une phase décisive.
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« Les personnes et les entreprises intéressées disposent d'un délai de 14 jours, à compter de la date de la présente publication de projet de concentration faite sur le site web de la Commission de la CEMAC, pour faire valoir auprès de la Commission, leurs observations écrites », indique l’instance. En zone CEMAC, où les deux groupes proposent déjà leurs bouquets respectifs, la validation de cette fusion pourrait rebattre en profondeur les cartes du paysage audiovisuel. Ainsi, la Commission devra évaluer si l’opération est susceptible de restreindre la concurrence dans certains segments de marché, d’affecter la diversité des offres ou de porter atteinte aux intérêts des consommateurs.
Canal+ obtient un premier feu vert en Afrique du Sud
Le projet de rachat, valorisé à 1,7 milliard d’euros (environ 1 115 milliards FCFA), prévoit un prix de 125 rands (6 euros) par action payé en numéraire, valorisant MultiChoice à près de 2,7 milliards d’euros. Initialement prévue pour avril 2025, la finalisation de l’opération a été prolongée de six mois, en raison des délais de traitement des autorités de régulation sud-africaines qui ont donné un premier feu vert pour la finalisation de la transaction. Dans un communiqué diffusé ce 21 mai, la Commission de la concurrence sud-africaine a « recommandé » au Tribunal de la concurrence « d’approuver la transaction proposée » par le groupe Canal+ pour acquérir MultiChoice Group Limited.
Estimant que l’opération ne devrait pas « réduire de manière significative la concurrence », l’autorité a toutefois tenu à encadrer le deal pour préserver l’intérêt public, au regard du rôle central que joue MultiChoice dans l’industrie du divertissement sud-africaine. Cette recommandation constitue une avancée majeure pour Canal+, pour qui cette acquisition est stratégique à plusieurs titres. Elle lui permettrait de s’implanter dans les pays anglophones du continent, où MultiChoice domine avec ses plateformes DStv et GOtv, tout en consolidant ses parts de marché dans les pays francophones, où il revendique déjà 8 millions d’abonnés. En cas d’approbation finale, le groupe passerait à plus de 32 millions d’abonnés en Afrique, contre 9,7 millions actuellement sur son réseau Afrique-Asie.
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Ce bond démographique placerait Canal+ dans une position quasi-hégémonique, avec un levier commercial inédit face aux producteurs, distributeurs et États africains. Il renforcerait aussi l’attractivité du groupe pour les investisseurs, dans un contexte où Canal+ cherche à compenser ses pertes en Europe par une diversification de ses revenus à l’international. En 2024, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires global de 6,45 milliards d’euros, en hausse de 2,3%, mais a enregistré une perte nette de 147 millions d’euros.








