Les 56 établissements bancaires en activité au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) ont réalisé, en 2024, un bénéfice net cumulé de 449,8 milliards FCFA, en hausse de 12,6 % par rapport à 2023, selon les données de la COBAC consultées par EcoMatin. Cette montée en puissance confirme l’embellie entamée depuis la sortie de crise sanitaire. En 2020, le secteur n'affichait que 144 milliards FCFA de bénéfices ; quatre ans plus tard, les profits bancaires ont plus que triplé. Cette progression s'appuie sur une amélioration du Produit net bancaire (+9 %), une maîtrise des charges et une activité de crédit toujours orientée à la hausse, portée par le secteur privé.
Cameroun et Gabon, champions de la rentabilité
En matière de résultat, le Cameroun a maintenu son rang de première place bancaire de la sous-région. Avec 208,6 milliards FCFA de bénéfices(en hausse de 23 milliards FCFA par rapport à 2023), il représente près de 46 % du résultat net total. Le marché bancaire local, le plus dense avec 19 établissements, profite d’une économie plus diversifiée, d’un tissu entrepreneurial profond et d’un meilleur niveau d’intermédiation. Le Gabon (8 banques) suit avec 113,9 milliards FCFA (+2,7 milliards), suivi du Congo où les 10 banques en activité ont dégagé 91,6 milliards FCFA de profits, en léger progrès (+1,9 milliard) sur un an glissant.
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L’activité en hausse
Si les bénéfices augmentent, la rentabilité financière brute recule légèrement. Le ratio de rendement des fonds propres (ROE) passe de 27,1 % à 23,8 %. Une baisse apparentée non pas à un essoufflement, mais au renforcement des fonds propres des banques nécessaire pour soutenir l’activité de crédit. Le rendement des actifs, lui, reste stable à 1,8 %.
Le bilan agrégé du système bancaire progresse également, à près de 25 000 milliards FCFA (+11,5 %). Les dépôts de la clientèle atteignent 18 000 milliards FCFA (+8,2 %) tandis que les crédits bruts croissent de 6,5 % pour s’établir à 12 501 milliards FCFA. Malgré une modération par rapport à 2023, la croissance du crédit reste portée par la demande privée. Les financements aux entreprises et aux ménages ont augmenté de 11,6 %, représentant désormais près de 78 % des encours. À l’inverse, les créances sur les États reculent, reflet de la prudence des banques face aux tensions persistantes sur les finances publiques dans plusieurs pays.
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Cette progression des résultats intervient alors qu’un chantier réglementaire majeur se prépare dans le secteur. Selon nos informations, la COBAC finalise un projet de texte visant à porter le capital minimum des banques de 10 à 25 milliards FCFA.
Par CJ







