La République centrafricaine demeure l’un des pays les plus dépendants de l’aide extérieure, mais les fonds disponibles pour les urgences humanitaires continuent de fondre comme neige au soleil. C’est ce que révèle le dernier rapport régional de ReliefWeb, publié le 3 novembre, sur le financement de l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Ce document, élaboré en collaboration avec le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), dresse un tableau préoccupant : moins de 45% des besoins exprimés pour la RCA ont été effectivement couverts à ce jour. Pour 2025, le plan de réponse humanitaire en République centrafricaine a été chiffré à environ 515 millions USD. Mais, les décaissements cumulés n’atteignent que 230 millions, soit un déficit de financement de près de 285 millions USD à fin octobre. Le rapport souligne que cette insuffisance met en péril les opérations de secours pour quelque 3,4 millions de Centrafricains nécessitant une assistance vitale, notamment dans les domaines de la santé et de la sécurité alimentaire et de la sécurité tout court.
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Les principaux contributeurs restent l’Union européenne, les États-Unis, la France et l’Allemagne, mais leurs appuis ne compensent pas la baisse de la participation de certains bailleurs régionaux et du secteur privé. Le rapport note par ailleurs que plusieurs programmes humanitaires, notamment ceux liés à la nutrition infantile et à la réhabilitation rurale, ont dû être révisés à la baisse faute de moyens. ReliefWeb souligne que la majeure partie des fonds disponibles en 2025 a été réorientée vers la prise en charge des déplacés internes et des réfugiés. En effet, plus de 550.000 personnes ont fui leurs localités à la suite des affrontements armés dans l’Est et le Nord-Ouest du pays. Le financement des infrastructures communautaires, de l’éducation et du relèvement économique est, lui aussi, en net recul.
Les enquêteurs de ReliefWeb déplorent la dépendance chronique du pays à l’aide d’urgence, avec tout ce que cela entraîne comme conséquences sur les efforts de développement durable. « Le déséquilibre entre l’aide humanitaire et les financements de reconstruction limite les perspectives de reprise économique », souligne le rapport. L’OCHA appelle la communauté internationale à « renforcer la complémentarité entre aide humanitaire et investissements de développement ». En d’autres termes, il s’agit de passer d’une logique d’assistance ponctuelle à un accompagnement structurel, permettant à la RCA d’améliorer sa résilience.
Alors que de nouvelles promesses d’appui bilatéral ont été faites ces dernières semaines, notamment par la France (25 millions d’euros), l’Union européenne (300 millions de dollars USD) et plein d’autres partenaires qui se sont engagés à apporter des financements à hauteur de 9 milliards de dollars pour soutenir le Plan national de développement 2024-2018 élaboré par le président Faustin Archange Touadera, le rapport de ReliefWeb rappelle que sans décaissement effectif, ces annonces restent symboliques. Pour que la République centrafricaine sorte du cycle des crises, conclut le rapport, l’aide internationale doit devenir plus prévisible, mieux coordonnée et plus ambitieuse.













