Le Fonds monétaire international (FMI) vient de publier sa dernière liste des pays membres dont les consultations au titre de l’article IV ou les évaluations obligatoires de la stabilité financière ont accusé un retard de plus de 18 mois au 31 juillet 2025. Quatre pays figurent dans ce classement : le Sénégal, le Libéria, le Soudan et la Tunisie. « Par rapport à la liste précédente, dont la date limite était fixée au 31 décembre 2024, deux pays ont été ajoutés (le Libéria et le Sénégal) et trois ont été supprimés (l'Égypte, l'Éthiopie et le Malawi) », rapporte l’institution de Bretton Woods.
Le Sénégal épinglé sur sa "dette cachée"
Au Sénégal, la dernière consultation de l’Article IV remontait au 10 janvier 2022, et le pays accuse un retard de 18 mois. Celui-ci est lié à des « raisons diverses », principalement l’audit en cours sur la « dette cachée » de 7 milliards de dollars révélée par la Cour des comptes et confirmée par le FMI. Cette découverte a mis en lumière des anomalies dans les comptes publics entre 2019 et 2024, avec une dette réelle représentant près de 100% du PIB, bien au-delà des estimations officielles. Certes, le FMI maintient un dialogue constructif avec les autorités sénégalaises, mais l’institution financière conditionne tout nouveau programme d’appui à la transparence sur cette dette et à la mise en œuvre de mesures d’assainissement budgétaire.
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Le Libéria, de son côté, accuse un retard de 20 mois dans la réalisation de sa consultation, principalement en raison d’un changement de gouvernement. Malgré ce délai, le FMI salue les progrès réalisés dans le cadre de la Facilité élargie de crédit (FEC), avec la plupart des objectifs quantitatifs atteints. Le Fonds a d’ailleurs approuvé un décaissement de 46 millions de dollars en faveur du pays en février 2025, pour soutenir les réformes structurelles. Le pays semble sur une trajectoire de consolidation économique, mais la transition politique survenue en novembre 2023 avec l’élection de Joseph Boakai à la tête du pays, a retardé les consultations formelles prévues par l’institution le 24 novembre de la même année.
Quid du Soudan et de la Tunisie ?
Pour les deux autres pays africains de cette liste de 13, les retards sont plus liés à des facteurs structurels ou institutionnels. Au Soudan, le retard de 34 mois enregistrés est attribué à une situation politique et sécuritaire instable, alors qu’en Tunisie, le retard de 39 mois résulte de la demande des autorités locales. Dans tous les cas, ces retards sont surveillés étroitement, car ils peuvent refléter des vulnérabilités économiques importantes et compliquer l’accès à des financements internationaux.
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A titre de rappel, les consultations au titre de l’Article IV du FMI consistent à évaluer annuellement la situation macroéconomique d’un pays, incluant la croissance, l’inflation, la dette et les politiques publiques. Quant aux évaluations obligatoires de la stabilité financière, elles portent sur la solidité des banques et institutions financières, les risques de liquidité et la résilience face aux chocs économiques. Un retard dans ces évaluations signifie que le FMI ne dispose pas d’informations actualisées pour conseiller et ajuster ses programmes d’assistance, ce qui peut affecter la crédibilité financière et la capacité des pays à attirer des investisseurs internationaux.








