Le Gabon dispose d'un mix énergétique d'une capacité installée de 704 MW en 2023 selon le Plan national de développement pour la transition (Pndt) contre une demande estimée à 1 039 MW. Ce qui traduit une offre énergétique déficitaire d'environ 336 MW alors que le pays cible 1 280 MW au cours des prochaines années. Selon la Primature gabonaise, les populations du grand Libreville et d’autres villes du pays font l’objet de délestages récurrents.
Cette situation impacte non seulement l'activité économique mais aussi la vie des ménages. Or, la situation aurait été moins alarmante si bon nombre de projets annoncés depuis des lustres, avaient déjà connu un début de concrétisation. Parmi eux, Le projet de la construction de la centrale thermique à gaz naturel d’Orinko (IPP Owendo) vise
IPP Owendo, Centrale de Ngoulmendjim
Ce projet vise à renforcer la capacité de production énergétique à Libreville et ses environs. Le démarrage des travaux de cette infrastructure était prévu pour 2023 pour s'achever en 2025 pour un coût estimatif de 206,7 millions d'euros (135,6 milliards de Fcfa) financé à 75% par la dette et 25% en guise de contrepartie de l'Etat gabonais. Or, matérialisé, IPP Owendo apporterait une production supplémentaire de 120 MW dans le réseau électrique. Autre projet, celui de la construction et de l'exploitation du barrage hydroélectrique de Ngoulmendjim (82 MW) à 125 km de l'Est de Libreville, reste attendu. Prévu pour contribuer à l'augmentation de la part de l'hydroélectricité dans le mix énergétique, ce projet devait initialement débuter au premier semestre 2023, selon les prévisions d'Asokh Energy, société chargée de conduire, gérer et exploiter l'infrastructure sur une durée de 25 à 30 ans. L'investissement est estimé à 216,6 milliards de Fcfa, soit 330 millions d'euros.
La séance de travail tenue le 3 février entre le Premier ministre gabonais, Raymond Ndong Sima et Gabon Power Company (GPC), filiale du Fonds Gabonais d’Investissements Stratégiques (FGIS), ne présage pas d'un démarrage imminent de ces deux projets supra indiqués. « Aujourd’hui, il était question de voir les actions qu’on doit avoir avec le gouvernement pour accélérer la mise en œuvre de ces projets prioritaires », a lâché le top management de l'entreprise spécialisée dans la réalisation des études, la conception, la construction et l’exploitation d’infrastructure de production d’énergie et d’eau.
La liste des projets en hibernation s'allonge avec le projet hydroélectrique de FE2 qui prévoit la construction d'une centrale hydroélectrique de 50 MW sur la rivière Okano au Nord-Est du Gabon, annoncé depuis 2013. Par ailleurs, la construction d'une centrale hydroélectrique de 600 MW à Booué avec lignes de transport d'interconnexions électriques, reste sur les papiers. Dans son adresse à la Nation le 31 décembre 2024, le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, l'a inscrit parmi les projets structurants prioritaires pour 2025. Lors du 2e Forum économique Gabon-Chine tenu à Beijing en septembre 2024, les autorités gabonaises ont signé un mémorandum d'entente avec des investisseurs chinois pour un financement d'environ 2,5 milliards dollars (environ 1 500 milliards Fcfa).
En outre, après la finalisation en 2013 de la première phase de Le Grand Poubara ayant permis d’injecter 160 MW supplémentaires dans le réseau, le pays doit réaliser la deuxième phase qui porte sur son extension en vue de la production de 120 MW supplémentaires pour assurer l’approvisionnement des industries de transformation de manganèse de Franceville. Son coût total est évalué à près de 200 milliards de Fcfa. En somme, l'implémentation de tous ces projets permettrait d'injecter près de 1 100 MW dans le réseau, suffisants pour couvrir la demande nationale. Toutefois, leur exécution demande aussi des ressources financières conséquentes soit plus de 2 000 milliards de Fcfa.
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