visa-2026-08-01
Breaking News
Chargement des breaking news...
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Je me connecte
Magazine
    Bientôt disponible...
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Banques et FinanceEecomembre

Emprunts obligataires : pourquoi les sociétés de bourse indépendantes dament le pion aux filiales bancaires

Le marché de l’intermédiation financière est en pleine reconfiguration dans l’espace Cemac avec une montée en puissance des sociétés de bourse dites indépendantes qui s’arrogent désormais la quasi-totalité des levées de fonds en capital ou dettes sur le marché financier régional. Au grand dam des filiales adossées à des groupes bancaires. Décryptage.

Publiée lundi 18 mars 2024 à 16:35:01Modifiée vendredi 3 mai 2024 à 11:15:40Temps de lecture 6 minPar René Ombala

De gauche vers la droite Christian Din Dika, ESS Bourse ; Ernest Pouhe, ASCA; Jean Jacques Moukoko Elame, SG Capital ; Mathieu Ebanda, Elite Capital ; Paul Onono, Contracturer Capital ; Pierre Kammogne, Afriland Bourse
De gauche vers la droite Christian Din Dika, ESS Bourse ; Ernest Pouhe, ASCA; Jean Jacques Moukoko Elame, SG Capital ; Mathieu Ebanda, Elite Capital ; Paul Onono, Contracturer Capital ; Pierre Kammogne, Afriland Bourse

Pour arranger son premier emprunt obligataire à tranches multiples, la Banque des États de l’Afrique centrale (Bdeac) dirigée par le Camerounais Dieudonné Evou Mekou a recruté un trio inédit constitué de Contracturer Capital (Chef de file), L’Archer Capital et Elite Capital Securities. Ces 3 sociétés de bourse ont ceci de particulier qu’elles sont relativement jeunes. L’Archer Capital et Elite Capital ont été agrées en 2021 par le régulateur du marché financier alors que Contracturer Capital n’a reçu son agrément qu’en octobre 2023.

Bien plus, ce sont des sociétés de bourse dites « indépendantes » c’est-à-dire qu’elles ne sont pas des filiales de groupes bancaires, ce qui marque une rupture de la Bdeac par rapport à ses choix d’intermédiaires financiers réalisés ces dernières années. Les 3 dernières levées de fonds de la Banque régionale de développement réalisées entre 2021 et 2023 étaient jusqu’ici structurés par USCA, SG Capital, Afriland Bourse & Investment et AFG Bourse respectivement filiales de banques de premier plan dans la région à savoir Bicec, Société Générale, Afriland First Bank et BGFIBank. La Bdeac n’est pas le seul émetteur à faire le choix des banques d’affaires indépendantes pour ses opérations de marché. Depuis 4 ans déjà, l’État gabonais fait confiance à ESS Bourse pour ses levées de fonds en tant qu'arrangeur et chef de file. Cette année encore, Libreville a jeté son dévolu sur la société de bourse basée à Douala pour une opération de 150 milliards de Fcfa. Par ailleurs, le Gabon qui a prévu deux autres levées de fonds cette année a choisi de les confier à un duo chapoté par Building Emerging Market Securities (BEMS) une autre société indépendante dont le Conseil d’administration est dirigé par Bertrand Mbouck, par ailleurs DG de Dangote Cement Cameroun. 

Lire aussi : ESS Bourse et CBC Bourse désignées pour structurer l’emprunt obligataire à tranches multiples de 150 milliards de Fcfa du Gabon 

La suite après cette publicité
diamondcapitalconvention-2026-08-18-in article

Sur le marché des actions, les deux dernières offres publiques de ventes d’actions (IPO) ont été réalisées par des indépendants à savoir Financia Capital pour La Régionale et Africa Bright Securities pour SCG Ré. Fedhen Capital, une autre entité nouvellement créée a reçu le 5 octobre dernier, s’est vue confier la responsabilité d’accompagner le gouvernement camerounais dans la promotion du marché boursier auprès des entreprises locales. Les exemples sont légion et permettent d’illustrer une nette reconfiguration du marché de l’intermédiation financière anciennement dominé par les banques mais qui aujourd’hui est devenu la chasse gardée d’acteurs peu connus pour la plupart.

Conditions favorables

Deux hypothèses permettent de comprendre cet état de choses. D’abord, le nombre d’intermédiaires indépendants qui a fortement augmenté depuis la fusion en 2018 des deux places de marché (Bvmac et Douala Stock Exchange). Avant cette fusion, les banques côté Cameroun avaient la possibilité d’exercer directement en tant qu’intermédiaires de marché appelés Prestataires de services d’investissement (PSI), sans nécessité de créer des filiales spécialisées. Une posture qui a été fragmentée avec la fusion. « L’agrément en qualité d’intermédiaire de marché ne sera maintenu que moyennant la mise en conformité des prestataires de services d’investissement (PSl) en une société anonyme indépendante et entièrement dédiée à l’activité principale de société de bourse dûment agréée par la Cosumaf », expliquait Nagoum Yamassoum, l’ancien président de la Cosumaf.

L’impératif de créer une nouvelle entité pour les opérations de marché a restreint les appétits de certaines banques traditionnelles mais surtout favorisé l’émergence des groupes indépendants. Sur la vingtaine d’acteurs agrées aujourd’hui, plus de la moitié sont des sociétés de bourse indépendantes. La spécialisation fait que ces dernières sont plus compétitives que les banques dont le cœur de métier est la collecte des dépôts et l’octroi de crédits.

L’autre hypothèse est celle de la concurrence sur les conditions d’emprunts proposés. Il faut savoir que la sélection par les émetteurs - notamment les États- d’un intermédiaire se fait par appel d’offres. L’Etat lance un appel à manifestation d’intérêt auquel les SDB peuvent répondre en lui faisant des propositions financières et techniques qui intègrent des données tels que le taux d’intérêt, le coût de l’opération, le montant de la prise ferme... « La prise ferme est un élément important dans le choix d’un intermédiaire car notre marché est peu profond. Si vous vous cantonnez aux simples collectes auprès du grand public il vous sera difficile de mobiliser l’enveloppe que vous cherchez », confie un intermédiaire de marché. Sur ce point précis, les filiales bancaires sont supposées avoir de l’avance sur les indépendantes ce qui ne semble visiblement pas être le cas.

Lire aussi : Emprunt obligataire 2023 du Cameroun : Afriland Bourse & Investment complète la prise ferme à 104 milliards de FCfa

En effet, les sociétés de bourse, filiales de maisons mères s’adossent directement à leur banque pour mobiliser la prise ferme, sans un autre effort de collecte. C’est ainsi qu’Afriland Bourse aura beaucoup plus de flexibilité à mobiliser de la trésorerie auprès d’Afriland First Bank. Cela peut paraître simple mais pour celles qui sont adossées à des maisons mères internationales avec des conditions de placements rigides, il peut être difficile d’obtenir de sa banque les montants sollicités. A contrario, les sociétés de bourse indépendantes ne subissent point ce diktat. Elles sont en contact avec divers investisseurs institutionnels (banques, assurances, fonds de retraites, entreprises…) ce qui leur permet de diversifier leurs sources de financements. Bien plus, apprend-on, face à la concurrence, ces dernières allègent leurs conditions en proposant notamment des coûts qui peuvent être bas.

Lobbying

Il serait naïf de croire que le choix pour la structuration de centaines de milliards de Fcfa se fait uniquement sur la base des propositions financières et techniques. Derrière se cachent d’intenses opérations de lobbying des promoteurs tapis dans l’ombre mais qui sont les vrais artificiers. « Le choix d’un investisseur se fait aussi sur la base des rapports qu’il peut entretenir avec l’émetteur. Du coup, le carnet d’adresse est un élément important et légitime dans la concurrence qu’il y’a aujourd’hui sur le marché. C’est de bonnes guerres ! », explique notre expert du marché.

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement EcoMembre pour y accéder.

Contactez le service client
  • Accueil
  • Banques et Finance
  • Emprunts obligataires : pourquoi les sociétés de bourse indépendantes dament le pion aux filiales bancaires
Financia CapitalDieudonné Evou MekouAfriland Bourse & InvestmentESS BOURSEAfrica Bright SecuritiesAFG BourseArchive
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

Epremiumsociete-generaleBanques et FinanceCameroun : la Présidence de la république relance la cession de l’ex Société générale au tandem NSIA-CNPSAlors qu'un appel d'offres semble s'imposer pour désigner le futur actionnaire stratégique de l'ex-Société Générale Cameroun, le président camerounais a demandé d'accélérer la cession au consortium NSIA Bank-CNPS, dans une correspondance adressée au Ministre camerounais des finances Louis Paul Motaze et consultée par EcoMatin. Une décision qui vise à écourter une transition jugée coûteuse et qui contribuerait à une dépréciation des actifs de la banque et les lenteurs observées dans d’autres privatisations​.il y a 3 heuresEpremiumle volume global des crédits lui, s'est plutôt contracté entre décembre et mai 2026 (c)AfcBanques et FinanceCameroun : les créances douteuses des banques grimpent à 910 milliards FCFA à fin mai 2026En l’espace de 5 mois, les créances en souffrance des 18 banques camerounaises ont augmenté de plus de 40 milliards FCFA, portant le taux brut de dégradation du portefeuille à près de 13 %.il y a 4 heuresUn premier test d’envergure pour la nouvelle infrastructure (c) 237.O.Banques et FinanceCEMAC : SYSTAC2 traite un record de 558 000 transactions, dont les salaires des fonctionnaires camerounais et gabonaisLa nouvelle plateforme de télécompensation de la BEAC monte en puissance avec 558 000 transactions traitées, dont la paie des agents publics au Cameroun et au Gabon.il y a 5 heuresGeorges ELOMBI ©AfreximbankBanques et FinanceAfreximbank : le bénéfice net bondit de 30% à 534,7 millions de dollars au premier semestre 2026Cette performance intervient alors que la banque panafricaine poursuit l’expansion de son portefeuille de crédits, avec un encours de prêts nets porté à 35,4 milliards de dollars à fin juin.il y a 1 jourBANGE Bank RCABanques et FinanceCEMAC : après le Cameroun, la Banque nationale de Guinée Equatoriale envisage son expansion en CentrafriqueUne mission technique est attendue à Bangui afin de préciser les conditions de son arrivée sur un marché où les banques ont accordé 237,3 milliards de FCFA de crédits en 2025. il y a 6 joursBAIIBanques et FinanceInfrastructures : face au déficit de financement, le Congo se tourne vers la BAII pour ses grands projetsAprès la République démocratique du Congo (RDC), Brazzaville entend s'appuyer sur la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures (BAII) pour financer six projets structurants, représentant un besoin d'investissement d'environ 1,5 milliard de dollars.il y a 6 jours

Articles similaires

EpremiumHilton Hôtel YdePolitiques PubliquesHilton Yaoundé : les factures impayées des clients grimpent à 7,7 milliards FCFA (+31 %)À fin 2025, le Hilton Yaoundé attendait encore le paiement de 7,73 milliards FCFA de prestations déjà réalisées, soit 63 % de son chiffre d’affaires. Cela rappelle les difficultés de recouvrement déjà observées dans d'autres établissements hôteliers publics, comme l'Hôtel Sawa.il y a 12 heuresWhatsApp Image 2026-08-19 at 11.10.28Banques et FinanceChristian Din Dika, CEO ESS Group, élevé au rang de Chevalier de l’Ordre national du Mérite gabonaisPrésident du groupe financier Emrald Securities Services (ESS), Christian Din Dika a reçu cette distinction, accordée à titre exceptionnel par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, à l’occasion de la célébration de la Fête Nationale du 17 août 2026. À travers cette distinction, c’est également l’engagement du Groupe ESS et sa contribution au développement et au financement de l’économie gabonaise (plus de 8 opérations au Gabon sur 12 réalisées en CEMAC), ainsi que des économies de la CEMAC, qui sont mises en lumière : Un positionnement d’Animateur du marché financier.il y a 1 semaine
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1Cameroun : Ariane de Rothschild et Pierre Guerrini se disputent un domaine de chasse de 1 640 km²il y a 1 jour2Transport aérien : Asky Airlines brise le monopole d'Afrijet sur la liaison Yaoundé-Banguiil y a 3 jours3Cybercriminalité : le Cameroun dans le viseur d’Interpol après 40,5 millions d’incidentsil y a 1 jour4Cameroun : la filiale de Castel porte son capital à 75,5 milliards FCFA pour absorber Guinness Camerounil y a 6 jours5CEMAC : après le Cameroun, la Banque nationale de Guinée Equatoriale envisage son expansion en Centrafriqueil y a 6 jours6Cameroun : combien gagnent les DG des entreprises et établissements publics ?il y a 1 jour7Cameroun : l'égyptien Arab Contractors piétine sur trois projets routiers de 134 millions de dollarsil y a 4 jours8Hydrocarbures : Brazzaville valide 23 milliards USD d'investissements chinois pour doper la production pétrolièreil y a 4 jours9Deloitte Afrique Centrale échappe à la dissolution anticipée malgré des fonds propres inférieurs à la moitié de son capitalil y a 8 heures10Gabon : le report du mégaprojet de Perenco compromet ses ambitions d'exportation de GNL dès 2026il y a 5 jours
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.