796 800 tonnes. C’est le volume de gaz naturel liquéfié (GNL) que devrait produire la République du Congo au cours de l’année 2024, soit moins d’un an après le lancement de la production de cet hydrocarbure dans le pays au mois de février 2024. Si cette projection, contenue dans le rapport de politique monétaire de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) est effective, la production gazière du pays de Denis Sassou Nguesso représentera 11,4 % de celle de l’ensemble des pays de la Cemac cette année. En 2022, le Congo ne pesait que 1% sur l’échiquier gazier de la sous-région.
Selon les projections du groupe italien ENI, que le partenariat stratégique avec l’État a permis à Brazzaville de devenir producteur de GNL en février 2024, le Congo devrait se renforcer sur le marché du gaz de la Cemac et du monde au cours de l’année 2025. En effet, reçu en audience le 20 juillet 2024 par le chef de l’Etat congolais, le président-directeur général d’ENI, Claudio Descalzi, a réitéré à Denis Sassou Nguesso que la production gazière du Congo devrait atteindre 3 millions de tonnes chaque année (4,5 milliards de mètres cube), à partir de 2025. Cette perspective prometteuse est portée par la finalisation des travaux de construction d’une 2ème usine de liquéfaction du gaz naturel au large de Pointe-Noire.
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Mais, en attendant la montée en puissance de son industrie gazière, le Congo reste un petit producteur à côté de la Guinée-Équatoriale, le numéro un dans la Cemac. Selon le rapport de politique monétaire de la Beac, la production de GNL dans ce pays est annoncée à 4,6 millions de tonnes en 2024, en baisse par rapport aux 5,3 millions de tonnes de l’année 2023. Ce qui n’empêche pas cet émirat pétrolier de la Cemac de représenter 64% de l’ensemble de la production de la sous-région. Les prévisions sont identiques pour le Cameroun, où la production devrait légèrement décrocher cette année. Après 1,7 million de tonnes en 2023, elle devrait se situer autour de 1,5 million de tonnes en 2024, soit 21% de la production sous-régionale. Au Gabon, la production est annoncée à 305 900 tonnes en 2024, pour une contribution à la production sous-régionale de 4%.
Il est à noter que le Cameroun, le Gabon et le Congo produisent tous les trois du GNL à partir des unités de liquéfaction flottantes, techniquement appelées Floating Liquefied Natural Gas (FLNG). Il s’agit de méthaniers reconfigurés en usine de production opérant en haute mer. Selon la Chambre africaine de l’énergie, ces infrastructures ont la particularité de pouvoir « être déployées rapidement et à un coût plus abordable que les trains GNL terrestres ». « Le FLNG est à l’abri des risques à terre tels que l’insurrection armée et le sabotage des infrastructures. Il offre ainsi aux producteurs une solution flexible aux défis existants », ajoute Fraser Carson, analyste principal du conseiller sur l’énergie Wood Mackenzie.



