Au Cameroun, la société pétrolière britannique Tower Ressources Cameroon se trouve à un carrefour décisif. Sous la pression du gouvernement camerounais, qui souhaite accélérer le développement des ressources pétrolières du pays, l’entreprise se trouve contrainte de forer un nouveau puits sur sa licence Thali avant mars 2025. Le potentiel important de ce gisement offshore, estimé à 17,9 millions de barils brut, justifie cet empressement. Pour faire face aux importants investissements nécessaires, la société a cédé 42,5% de sa participation dans la licence Thali à Prime Global Energies, son homologue britannique.
Selon les termes de deux accords d'amodiation et des documents associés récemment signés avec Prime, Tower Ressources Cameroon bénéficiera en échange, d'une injection de 15 millions de dollars (soit près de 10 milliards de Fcfa), destinée principalement au financement du forage du puits NJOM-3. D'après la source, d’autres paiements, notamment 937.500 dollars, (environ 599,2 millions de Fcfa) en espèces immédiatement et 3,4 millions de dollars (soit 2,1 milliards de Fcfa) supplémentaires en espèces, viendront compléter cette opération. Cette cession permet ainsi à Tower Resources de sécuriser les fonds nécessaires à la réalisation de ce projet ambitieux et de renforcer sa position financière. L'accélération du calendrier de forage est désormais envisageable, sous réserve de l'obtention des autorisations nécessaires du gouvernement, des partenaires et des autorités réglementaires. « Notre objectif reste de réaliser des progrès sur l’ensemble de la base d’actifs de la société et de créer de la valeur pour toutes les parties prenantes, et la liquidité supplémentaire que ces transactions généreront, une fois finalisées, devrait nous permettre de poursuivre tous nos programmes de travail avec une plus grande confiance », a déclaré Jeremy Asher, Président et chef de la direction de Tower Resources.
Les enjeux de cette cession
Cette décision de Tower Ressources Cameroon de céder des parts minoritaires non exploitées dans la licence Thali suscite de nombreuses interrogations au sein de la communauté des experts du secteur pétrolier. D’après certains, bien qu’elle marque un tournant stratégique pour la société, qui se voit contrainte de céder une partie de ses actifs afin de sécuriser les financements nécessaires à la poursuite de ses opérations, elle témoigne de la complexité des enjeux financiers auxquels est confrontée la société britannique.
Par ailleurs, elle s'inscrit dans un contexte international marqué par la volatilité des prix du pétrole. La Banque centrale des pays de la Cemac prévoit d'ailleurs une baisse progressive des cours du baril dans les prochaines années, passant de 77,22 dollars à date, à 75 dollars d’ici fin 2025, puis à 72 dollars en 2026, ce qui pourrait peser sur les recettes pétrolières du Cameroun.
Au niveau national, le gouvernement camerounais cherche à attirer de nouveaux investissements dans le secteur pétrolier afin de développer ses réserves et de diversifier son économie. La cession d'une partie de la licence Thali par Tower Ressources Cameroon pourrait avoir des répercussions sur ces ambitions.
Quels sont les prochains défis ?
Les prochains mois s'annoncent décisifs pour Tower Ressources Cameroon. La société devrait non seulement mener à bien les opérations de forage, mais également faire face à d'autres défis, tels que la volatilité des cours du pétrole, les pressions gouvernementales et les enjeux environnementaux. Si cette opération permet de sécuriser les financements nécessaires à la réalisation du projet de forage, elle soulève également de nombreuses questions sur l'avenir de la société et sur les enjeux de l'industrie pétrolière en Afrique.
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Rappelons que le bloc Thali s'étend sur une superficie de 119,2 kilomètres carrés, avec des profondeurs d'eau allant de 8 à 48 mètres. En 2015, Tower Resources Cameroon S.A. a signé avec le ministère des Mines et la Société nationale des hydrocarbures (SNH) un contrat de partage de production portant sur ce bloc, pour une durée initiale d'exploration de trois ans. Suite à cette phase exploratoire, la société a récemment obtenu l'autorisation de lancer les opérations d'exploitation. Les premiers barils de pétrole sont ainsi attendus d'ici fin 2025.










