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Financement participatif : les freins à l’élaboration d’une politique nationale du crowdfunding

Le taux de pénétration de ce mode de financement alternatif se situe au Cameroun à 0,7% par rapport à la moyenne africaine. En l'absence d'une réglementation publique, le crowdfunding est impulsé par des acteurs étrangers et des opérateurs privés.

Selon les chiffres de l’Association professionnelle des établissements de crédits du Cameroun (Apeccam), les banques camerounaises ont accordé un montant global de 3908,9 milliards de FCFA aux entreprises en 2020. Soit une augmentation de 6 % par rapport à 2019, exercice sanctionné par des crédits bancaires estimés à 3664,6 milliards de FCFA alloués aux entreprises. Pourtant, l’accès au financement des entreprises camerounaises (très petites, petites, et moyennes entreprises) de tous secteurs confondus, demeure difficile. L’Apeccam égrène divers obstacles: la faible gouvernance des entreprises, le faible niveau d’instructions des chefs d’entreprise, la réglementation contraignante, l’incomplétude de l’infrastructure financière, le taux de sinistre élevé dans le secteur bancaire, ou la maturité des ressources etc…. Pour stimuler le financement des entreprises, Aline Valérie Mbono, la Directrice exécutive du Gicam (Groupement interpatronal du Cameroun) propose le crowdfunding comme solution au problème de financements des entreprises.

Fonds de garantie

Ce mode de financement alternatif reste malheureusement peu connu au Cameroun qui occupe la 18ème place des Etats africains le pratiquant. Cependant, le pays dispose de quelques success stories en matière de financement participatif: Arthur Zang, l’inventeur du «Cardiopad», William Elong, industriel et inventeur du premier drone camerounais, Olivier Madiba, créateur de jeux vidéo, Gilbert Ewehmeh, créateur de richesses et Directeur de Yes Cameroun, et Achille Ngassam, Directeur général du Cabinet Cible. Sauf que d’après des spécialistes, plusieurs réussites camerounaises en crowdfunding proviennent de financements étrangers.

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En février 2020, le gouvernement s’est penché sur la problématique du financement participatif au Cameroun à travers un atelier national sur le crowdfunding, placé sous le thème «le crowfunding : un financement participatif au service des petites et moyennes entreprises (PME)». Parmi les recommandations ayant sanctionné les travaux, figurait la mise en place d’une politique nationale sur le crowdfunding. «Il s’agit à travers cette rencontre de haute importance, de vulgariser le financement participatif auprès des pourvoyeurs de fonds et des porteurs de projets. C’est un mécanisme de financement qui permet de rapprocher le besoin de financement à l’agent à capacité de financement », expliquait Louis Paul Motaze. De l’avis des spécialistes, des préalables sont indispensables à l’élaboration d’une politique nationale sur le crowfunding. «Le crowfunding insinue la confiance à un moyen de paiement, des mesures de sûreté et de sauvegarde. Par exemple, si quelqu’un est intéressé en France ou aux Etats-Unis, il utilise un compte marchand via une carte bancaire. Mais au Cameroun, les banques sont réticentes au paiement par carte bancaire dans ce type de transaction. Or, la carte bancaire est le moyen de paiement le plus populaire. D’où la nécessité d’organiser le système des moyens de paiement. Il est aussi impératif de mettre sur pied un système d’identification des opérateurs et des projets comme au Canada et aux Etats-Unis. C’est une garantie de sécurité et de crédibilité. C’est après avoir pris ces quelques mesures qu’on peut penser à un cadre réglementaire et institutionnel en faveur des opérateurs de ce secteur», pense François Modeste Nemetcha, Ceo d’E-consulting international.

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«Au-delà du crowdfunding, l’Etat doit mettre en place un fonds d’amorçage et d’innovation pour les projets porteurs, il doit subventionner les commissions dès qu’un projet a mobilisé les fonds via le crowdfunding, prévoir des incitations fiscales pour les investissements dans les Pme, favoriser la mise en place d’un Fonds de garantie. Il importe également que la régulation de l’activité soit facilitée et non pénalisée, la mise en place d’un mécanisme d’homologation des projets avant leur soumission auprès des plateformes doit être envisagée», ajoute Olivier Djaba. De bonnes sources, le processus de mise place d’une politique nationale sur le crowdfunding achoppe sur la modélisation d’un schéma directeur, l’évaluation des risques, l’identification des besoins des Petites et moyennes entreprises et des porteurs de projets, et la validation des principes directeurs.

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