L’agence de notation Fitch Ratings a maintenu la note souveraine à long terme en devises du Gabon à « CCC », indiquant un risque de crédit élevé et une vulnérabilité accrue face à des chocs extérieurs. Dans une publication le 20 juin 2025, l’agence souligne que cette note traduit une combinaison de facteurs défavorables, notamment une forte dépendance aux recettes pétrolières, une gouvernance budgétaire perfectible, des tensions persistantes sur le marché régional de la dette et l'accès limité aux financements extérieurs. Fitch n’attribue cependant pas de perspective au Gabon – comme aux États notés au niveau « CCC » -, en raison de la nature spéculative de cette catégorie, mais redoute un accès limité aux financements concessionnels au cours de l’exercice budgétaire en cours. « La liquidité extérieure du Gabon reste limitée et il est peu probable qu'il obtienne un soutien budgétaire concessionnel significatif en 2025 », prévient l’agence.
Au cœur de l’analyse de Fitch, la question de la dette publique reste un facteur de fragilité majeur. Après avoir atteint 75,4% du PIB en 2023, le ratio devrait rester stable en 2025 (75,3%) et en 2026 (74,3%), freinée par une baisse attendue du PIB nominal liée à la chute des prix du pétrole. L’agence relève également une gestion budgétaire fortement contraignante, avec une accumulation continue d’arriérés estimés à 2,8% du PIB en 2024. Ces passifs, en partie dus à des retards de paiement envers des créanciers extérieurs et des fournisseurs nationaux, seront pour la plupart assimilés à de la dette, venant alourdir l’encours déjà élevé qui se situe à 7 179,056 milliards de FCFA à fin mars 2025. Soit 4 180,741 milliards FCFA de dette extérieure, et 2 998,315 milliards FCFA de dette intérieure.
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Malgré la dernière opération d’échange d’obligations régionales et le refinancement d’une euro-obligation de 2025 par une émission à un taux de 12,7%, Fitch juge que les marges de manœuvre du Gabon restent très étroites. L’agence pointe notamment la lente mise en œuvre d’un nouveau programme économique. Bien que les autorités de Libreville envisagent un accord avec le FMI à partir de 2026, les incertitudes sur le contenu de ce plan et les retards structurels dans les réformes économiques alimentent la prudence des créanciers. « Fitch estime que la capacité du pays à lever de nouveaux financements significatifs sur le marché régional restera limitée par la baisse de l'appétit des banques pour les obligations d'État après une période de croissance rapide ».
Ainsi, l’agence estime que le profil de crédit du Gabon reste tributaire d’un redressement crédible des finances publiques et d’un regain de confiance des partenaires financiers. Dans le contexte actuel de pressions sur les liquidités et de ralentissement de la croissance – attendue à 2,2% en 2025 – le pays peine à attirer les investissements nécessaires à sa diversification économique. Tant que les déficiences institutionnelles et les retards de paiement persisteront, le risque perçu par les investisseurs restera élevé.



