Dans une note présentée en conseil des ministres le 4 juin dernier, Paul-Marie Gondjout, le ministre de la Communication et des médias, tutelle de l’établissement public, la Poste S.A, a rendu compte d’une situation préoccupante : « une grave crise économique et sociale » mettant en péril la continuité du service public et plus de 500 emplois sur tout le territoire.
Selon les révélations de Paul-Marie Gondjout, il apparaît la situation suivante : « Les audits révèlent une gouvernance défaillante : masse salariale excessive, quasi-absence de recettes, recrutements non justifiés, primes illégales, absence de reddition des comptes et non-respect de la réglementation en vigueur. L’entreprise dépend entièrement des subventions de l’État, devenues insuffisantes pour couvrir les charges salariales dès juin 2025 ».
Lire aussi : Au Gabon, les épargnants réclament des créances d’au moins 30 milliards de FCFA à la Poste Bank
Face à cette situation critique, apprend-on, le Conseil des ministres a pris bonne note du plan de relance exigé par le ministre sous sept jours, ainsi que la convocation d’un Conseil d’administration exceptionnel. Aussi, le gouvernement a approuvé la mise en œuvre des quatre mesures urgentes : notamment un audit externe indépendant, un plan de restructuration incluant des départs volontaires, un mécanisme de défaisance pour alléger la trésorerie, et un accompagnement social préventif. « Il s’agit de préserver le service public, d’éviter des troubles sociaux et de mettre fin à une gestion budgétairement et socialement insoutenable », apprend-on.
La Poste SA, ainsi que sa filiale Poste Bank, est au bord de la faillite au point où, Jean Eric Raynald Ndama, Président-directeur général de La Poste SA, ainsi que de dix autres cadres de cette société publique ont été suspendus à titre provisoire, le 04 octobre 2024 au motif des irrégularités relevées dans la gestion de cette société postale. Plus précisément, il est reproché à Jean Eric Raynald Ndama et à ses principaux collaborateurs une « gestion opaque présentant des irrégularités de nature à mettre en péril La Poste SA », selon une note du ministre de la Communication.
Les difficultés de la Poste SA se manifestent notamment par l’incapacité de l’entreprise à honorer ses engagements envers ses employés et épargnants, ainsi que par son incapacité à rembourser les épargnants de la filiale en liquidation, PosteBank, en plus des grèves à répétition. En attendant les résultats de l’audit, les données disponibles au ministère de la Communication évalue les préjudices financiers à hauteur de plusieurs dizaines de milliards de FCFA.








