L'Agence gabonaise de sécurité alimentaire (Agasa) franchit un cap décisif dans son redressement financier et opérationnel. Après avoir hérité en 2024 d'une situation critique marquée par une dette de 938 millions de FCFA, un système de corruption étendu et des pratiques de clientélisme, le directeur général, Jean Delors Biyogue Bi Ntougou, affirme qu’il a impulsé une restructuration en profondeur. Ces ajustements ont rapidement porté leurs fruits sur le plan budgétaire, dit-il.
Les ressources de l'établissement public ont connu une hausse constante, passant de 1,9 milliard de FCFA avant la réforme à 2,4 milliards de FCFA en 2024, pour atteindre 2,9 milliards de FCFA à la clôture de l'exercice 2025. Cette progression de près de 21 % en un an s'explique par une meilleure mobilisation des recettes et des déclarations plus sincères de la part des usagers. Les résultats enregistrés au cours du premier semestre 2026 confirment la pérennité de cette dynamique.
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Pour obtenir ces résultats, la direction générale de l'agence a mis en place des mesures correctives d'envergure. Le plan d'action s'est articulé autour du redéploiement du personnel selon les profils, du remplacement des chefs de service en poste depuis plus de cinq ans et de la sécurisation des circuits financiers. La mise en place de paiements directs auprès du Trésor public a permis de neutraliser les réseaux de déperdition de fonds et de lutter efficacement contre la fraude.
Pour le Directeur général de l'Agasa, Jean Delors Biyogue Bi Ntougou, « les mesures correctives adoptées ont essentiellement porté sur le redéploiement du personnel, dans le strict respect des profils et en procédant au changement des chefs de service qui étaient aux mêmes postes depuis une dizaine d'années ainsi que ceux aux mêmes postes depuis plus de cinq ans. Nous avons renforcé le système de recouvrement des recettes de l'Agence et élaboré un système de traçabilité du circuit financier axé sur la lutte contre les fraudes, à travers les paiements directs au Trésor. Nous avons, en gros, retourné le système à 360° en trois phases, pour ne pas créer une rupture brutale. »
Capital humain et apaisement des tensions sociales
Parallèlement au volet financier, l'institution a totalement revu sa politique de gestion des ressources humaines à travers le programme Agasa Compétence. Ce dispositif impose désormais un parcours progressif débutant par des stages académiques et professionnels avant toute signature de contrat à durée déterminée, mettant fin au recrutement subjectif. En 2025, cent jeunes Gabonais ont ainsi été mis en situation professionnelle et soixante-deux agents ont bénéficié de formations spécialisées aux techniques de contrôle alimentaire.
Malgré une période de vives tensions sociales marquées par la grande grève d'octobre 2025 menée par le Syndicat national des agents de l'Agasa, le climat est aujourd'hui à l'apaisement. La direction générale estime que six semaines de dialogue ont suffi pour faire comprendre la nécessité des réformes à l'ensemble des effectifs.
Jean Delors Biyogue Bi Ntougou souligne l'adhésion collective désormais acquise : « Il est vrai que les débuts ont été un peu compliqués. Nous avons connu, par exemple, une résistance farouche du Syndicat national des agents de l'Agasa, qui s'est caractérisée par la grande grève d'octobre 2025. Aujourd'hui, 90 % des effectifs reconnaissent que cette voie était la bonne. Ils sont fiers de ce que l'Agasa est en train de devenir. Cette amélioration est renforcée par la forte amélioration de la perception publique de l'action de l'Agence. », déclare le responsable.
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Si des défis subsistent, notamment la maîtrise de la masse salariale et le freinage de la dette sociale, l'agence s'impose désormais comme une référence régionale en matière de régulation alimentaire, dont l'expertise est sollicitée lors des rencontres internationales.








