Le gouvernement camerounais table sur un besoin d’investissement de 25 508 milliards FCFA pour réaliser 74 projets d’infrastructures sur la période 2025–2027. L’information est tirée du Rapport sur l’économie camerounaise en 2024, publié par le ministère de l’Économie (Minepat). Le document précise que 32 projets sont en cours, tandis que 42 restent à lancer, dont : 18 prévus initialement pour 2024, 12 pour 2025, 7 pour 2026 et 5 pour 2027.
Selon le Minepat, l’État devrait assurer 63 % de l’enveloppe totale, soit 15 895,6 milliards FCFA. Le Minépat ne donne pas les précisions sur la provenance des fonds à mobiliser mais il souligne tout de même que « cet important apport attendu de l’Etat est lié au mode de financement retenu ». En effet, près de 81% des projets du PIP 2025-2027 (60 projets) seront réalisés en maitrise d’Ouvrage publique (MOP) étant donné que les ressources du MOP proviennent généralement des fonds propres de l’Etat, des prêts ou subventions accordées par des organisations internationales ou des pays étrangers ou encore du budget de l’Etat. Par contre, les 14 autres projets sont programmés en Partenariat Public-Privé (PPP). À date, l’on apprend que 32,6 % des financements attendus sont déjà sécurisés, soit 8 316 milliards FCFA.
Lire aussi : Cameroun : l’ambitieux objectif des 5 000 MW d’électricité d’ici 2030 est-il encore atteignable?
Dans le même temps, 63% de ce financement sont alloués à trois principaux secteurs : le secteur énergétique (32%), les infrastructures routières (19%) et les autres secteurs (12%). Le secteur énergétique va capter 32% du financement total. Cette priorité pourrait se justifier par les défis auxquels le secteur de l’électricité fait face notamment, celui du financement et de la faible production qui affecte aussi bien les ménages que les industries. Dans une enquête sur le climat des affaires au Cameroun en février dernier, la Banque mondiale révèle que 16,8% des acteurs se plaignent de la difficulté d’accès à l’électricité.
Lire aussi : Autoroute Yaoundé–Nsimalen : la phase 2 (12,3 km) voit son budget augmenter de plus de 50 milliards FCFA
Parmi les projets énergétiques les plus coûteux, l’on peut citer : l’aménagement hydroélectrique de Kikot et lignes associées (872 milliards FCFA), la Construction des centrales hydroélectrique et solaire de Mbakaou et les lignes associées (566 milliards FCFA) ou encore le programme de renforcement et extension du réseau de transport (300 milliards FCFA). Par ailleurs, 19% des besoins seront dirigés vers les infrastructures routières dans un contexte où à peine 10% du réseau routier national (121 873 km) sont bitumés. Ainsi, il est programmé à partir de 2026, la construction de la phase 2 de l’autoroute Yaoundé-Douala (1 072 milliards FCFA), la construction de la route Ebolowa Akom 2-Kribi à plus de 130 milliards FCFA, la réhabilitation de la Route Edéa-Kribi (110km) à 102 milliards FCFA, etc.
Les projets d’infrastructures de transport ferroviaire et maritime et les projets agropastoraux quant à eux, vont bénéficier de 12% du financement total. Il s’agit notamment du projet d'aménagement des terres et d'installation des grands producteurs agricoles dans la Plaine Centrale (351 milliards FCFA), la construction du Chemin de fer Mbalam Kribi dont le démarrage est prévu pour 2027 avec un coût prévisionnel de 3 000 milliards FCFA dont une contribution de 600 milliards FCFA de l’État.
Rappelons que Dans le cadre de sa Stratégie nationale de développement (SND30), le gouvernement camerounais vise 40% du budget de l’Etat à allouer par an pour les dépenses d’investissement publics. Toutefois, ce quota peine à être atteint. A titre d'exemple, la loi de finances 2025 prévoit 1 852 soit 24,15% du budget.
Lire aussi : Infrastructures : au Cameroun, l’Etat a besoin de 21 000 milliards pour financer 72 projets en 3 ans








