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La CDC au bord de l’implosion

Plus de 93% des 20 000 employés sont absents à leurs postes à cause de la crise anglophone. Ce qui met en difficulté cette société qui, enregistrant déjà d’énormes pertes financières, sollicite de plus en plus l’aide de l’Etat pour sa survie.

C’est un appel de détresse qu’a lancé Benjamin Mutanga Itoe, le président du conseil d’administration de la Cameroon Development Corporation (CDC), le 27 décembre 2018 à Limbe.  Il demandait aux employés de ce mastodonte de regagner leurs postes respectifs. En effet, sur plus de 20 000 employés, plus de 93% ont abandonné leurs postes à cause des violences et de l’insécurité actuelle dans la région du Sud-Ouest et du Nord-Ouest. Pour rappel, depuis le début de la crise socio-politique dans les régions du Nord-Ouest et le Sud-Ouest, les ouvriers de la CDC subissent les représailles des sécessionnistes. Des bureaux et plantations ont été détruits, des blessures corporelles ont été infligées à beaucoup d’entre eux. Quelques-uns ont été mutilés et se sont fait couper les doigts, tandis que d’autres ont été tués. Si certains ont cessé leurs activités car ayant été des victimes, d’autres prennent simplement peur vu ces assauts.


>> Lire aussi – La CDC exclue de la liste des exportateurs de banane du Cameroun


Ces actes de violence et de destruction que le conseil d’administration condamne et qualifie de « suicidaires » constituent un obstacle pour la survie de la CDC. Car des pertes financières en découlent, empêchant ainsi le bon fonctionnement économique de cette société. À titre d’illustration, la production obtenue pour la période allant du 01 octobre 2018 au 29 novembre dernier, s’est élevée à 11 681 tonnes de caoutchouc contre une attente de 16 611 tonnes. Pour la filière huile de palme, 11 721 tonnes contre 22 842 tonnes attendues, et pour la banane, 35 000 tonnes contre 105 000 tonnes attendues. Le tout pour un manque à gagner correspondant à 35 milliards de FCFA, selon des chiffres rendus publics par la CDC.

A ce jour, le Gicam révèle que les plantations ne sont plus entretenues ni traitées, laissant libre cours à la propagation des parasites et autres maladies faute de traitements phytosanitaires

A ce jour, le Gicam révèle que les plantations ne sont plus entretenues ni traitées, laissant libre cours à la propagation des parasites et autres maladies faute de traitements phytosanitaires. « La CDC risque la rupture de contrats d’achat conclus avec des partenaires internationaux au regard de son incapacité actuelle à honorer ses engagements », peut-on lire dans le rapport. « A date et en supposant un retour rapide vers le calme et la sécurité, indique le Gicam, la CDC aura besoin d’une injection de fonds de l’ordre de 15 milliards FCFA pour financer un éventuel plan de relance ».

Ce qui explique pourquoi l’entreprise continue de tirer la sonnette d’alarme auprès de l’Etat, qui a rassuré l’entreprise quant à la préservation des emplois menacés et de la survie de l’entreprise. Rappelons que l’Etat a déjà décaissé la somme de 1,7 milliard de FCFA pour soutenir l’entreprise en attendant la validation du projet de budget de la CDC qui s’élève à 93 milliards pour l’exercice 2019.

La Rédaction EcoMatin

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